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Antigonae de Carl Orff : Griechische Tragödie

Que connaît-on de en dehors des Carmina Burana ? Rien. L’arbre a caché la forêt d’une œuvre foisonnante. Et si ces Carmina Burana peuvent fatiguer à force d’être galvaudées, les autres pièces de Orff révèlent-elles de cette «musique de Néanderthal» que raillait Stravinsky ? Par le passé au moins trois versions étaient mises à la vente : outre celle-ci, une par Ferdinand Leitner (DG) l’autre par Georg Solti (Orfeo).

Cette Antigonae, d’après Sophocle revu par Hölderlin nous donne la réponse : oui. Orff, pour faire «antique», demande un orchestre de six flûtes, six hautbois, 6 trompettes, 6 pianos (joués à quatre mains, donc douze pianistes !), quatre harpes, neuf contrebasses et près d’une quinzaine de percussionnistes jouant un instrumentarium de 68 instruments. Le récit recto-tono domine presque exclusivement. De grands ostinati rythment l’ensemble de l’œuvre. Monotonie, quand tu nous tiens… Un sentiment de lassitude prend l’auditeur devant cet antique faussement reconstitué. Seul l’immense canon final, entrecoupé de cris et d’accords dissonants, commence à prendre aux tripes. Après 1h45 il était temps.

Non seulement Antigonae de Orff n’est pas le chef d’œuvre du siècle, loin de là, étonne par son esthétique hors temps (création en 1949), mais la présente publication, par l’absence de livret, condamne l’auditeur non-germaniste à une immense incompréhension, malgré l’engagement des interprètes, à commencer par dans le rôle-titre. Qui chante quoi ? Qui dit quoi ? Donc, Antigonae de dans de telles conditions : à quoi bon ?

 

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