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Maxim Vengerov, chef d’orchestre ?

Festival de Saint-Denis

L’un des plus remarquables archets de notre époque, , qui prend depuis quelque temps la baguette à la place de son instrument, fait enfin ses débuts en tant que chef d’orchestre en France. Le programme qu’il a choisi est constitué de trois œuvres de Beethoven, composées entre 1806 à 1808, dans la période dite « héroïque ».

Il dirige d’abord l’Ouverture Léonore III assez prudemment, dans un tempo relativement retenu. Ensuite, le Concerto pour violon, avec comme soliste, ravit l’auditoire. Ce jeune violoniste, né en 1989 à Taïwan et résidant en Australie, est lauréat des concours internationaux Yehudi Menuhin en 2008 et Reine Elisabeth en 2009, qui l’ont lancé sur le devant de la scène internationale. Vengerov l’a remarqué lors du concours Menuhin où il faisait partie du jury et l’invite depuis à jouer avec lui.

Ce soir, son interprétation est extrêmement soignée et propre, sans le moindre défaut technique. Il possède une sonorité lumineuse, « luisante » et raffinée. Dès le début, on perçoit son grand talent, mais il reste encore timide. Cependant, arrivé à la cadence du premier mouvement, il domine littéralement la salle : son extraordinaire concentration et sa densité musicale nous font retenir notre souffle et nous émerveillent. Le second mouvement, ce « larghetto », sublime, mélodieux et romantique, prouve amplement la grande sensibilité du violoniste. Le « rondo » final lui donne l’occasion de manifester plus de légèreté ; son exécution suggère une joie juvénile, tout en gardant les deux pieds bien sur terre.

En deuxième partie, la célébrissime Symphonie dite « destin ». Après un premier mouvement énergique et un deuxième méditatif, on attend avec impatience, à la fin du « Scherzo », ce passage grouillant et lugubre suivi d’un crescendo subit menant à l’explosion aux trompettes du début du finale. Mais certainement à cause de l’acoustique de la Basilique et également de la disposition des musiciens sur la scène, cet effet escompté est moindre que celui que l’on n’attendait… Ce fut le seul regret de cette soirée, sinon, les musiciens étaient tous enthousiasmés sous la baguette rassurante de Vengerov, de même que le public.

Crédit photographique : photo © FSD 2010/ Sébastien Chambert