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Uuno Klami orchestrateur-né parfaitement défendu par John Storgårds

S’il est un domaine dans lequel ce compositeur s’est particulièrement distingué, c’est bien celui de l’orchestration. , compatriote et contemporain (bien que de trente cinq ans son cadet) de a pâti comme nombre de ses collègues finlandais de l’immense stature créatrice du maître d’Ainola. De son vivant, mais davantage encore avec le recul du temps, il est évident qu’ appartient à part entière à la grande famille des compositeurs de talent même si l’on peut se dispenser pour le décrire du qualificatif de génial. Il n’est que d’écouter cet enregistrement particulièrement réussi pour s’en convaincre aisément. Les qualités de l’, très bien captées par le label Ondine, trouvent toutes leurs capacités d’expression sous la direction d’un chef d’orchestre aussi expérimenté que passionnant, . Une des premières et légitimes interrogations concernant la musique orchestrale de Klami se rapporte à son éventuelle parenté avec celle de Sibelius.

Les trois œuvres enregistrées à Helsinki l’année dernière partagent, ici où là, très occasionnellement, avec l’art du plus génial des compositeurs finlandais, des accents mélodiques brefs et des tournures orchestrales prouvant cette proximité et cette influence au niveau du travail orchestral. Pour le reste, c’est-à-dire la quasi totalité, Uuno Klami s’avère personnel, intéressant et imposant. Les paysages nordiques et le Kalevala, l’épopée nationale qui a tant influencé les arts en Finlande, modèlent en grande partie la démarche créatrice de l’auteur de Lumières nordiques (Revontulet en finnois, 1946) et de la Suite Kalevala (1943). Leurs mouvements riches d’atmosphères, de descriptions et de rythmes variés, constituent autant de petits chefs-d’œuvre d’instrumentation et d’inventions suffisantes pour nous convaincre de la puissance de ce créateur. La Cheremissian Fantasy pour violoncelle et orchestre (1931) confirme la singularité d’un compositeur à l’aise dans une zone indépendante tout à fait attachante et semée de très belles pages, lointainement bornées par le national-romantisme de sa jeunesse, le radicalisme surgissant de toutes parts et l’ombre omniprésente du géant Sibelius.