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Olivier Greif, l’hommage continue !

Quelques chiffres donnent la mesure de la découverte de l’œuvre d’. Sur les 331 numéros d’opus composés, seuls 39 ont fait l’objet d’un enregistrement, répartis en 18 disques. 5 disques seulement ont été publiés du vivant du compositeur, 6 rien que dans l’année 2010, et 3 ont été salués par une Clef ResMusica : Requiem (Triton), le Concerto pour violoncelle «Par la chute d’Adam» (Accord) et la Sonate pour deux violoncelles «The battle of Agincourt» avec le Quatuor n°2 (Ziz Zag Territoires). Avec 8 titres, le label Triton s’impose comme le principal découvreur et défenseur de Greif, et le dernier opus propose l’intégrale de l’œuvre pour violon et piano qui tient pile en un CD (79 minutes !), avec au sommet la Sonate n°3 «The meeting of the waters».

Composées à l’âge de 17 ans, les Sonates n°1 (inachevée) et n°2 montrent comment le jeune compositeur pouvait être à la fois déjà lui-même, libre et imaginatif, dans la première sonate, et capable de rentrer habilement dans les canons de l’académie – il obtint le premier prix du conservatoire pour la seconde.

Pour ceux qui douteraient des points de convergence entre musique baroque et musique d’aujourd’hui, les variations on Peter Philips «Galiarda dolorosa» (1977) marient de manière souple l’art codifié de la cour élisabéthaine et les échappées contemporaines.

Dédiée à la mémoire de , composée en 1976 un an après sa mort, la Sonate n°3 ne comporte pas de référence musicale au compositeur qui n’était pas en odeur de sainteté en France à l’époque. Son titre s’inspire d’un poème de Thomas Moore, elle incorpore dans son introduction une bribe de l’hymne américain, et son second mouvement intègre des «aspects» du raga, une technique de musique traditionnelle indienne. En 1993, Greif expliquera que «la rencontre des eaux, c’est aussi la rencontre des cultures, des peuples, des musiques, des époques, des lieux», qui « exprime l’unité indivisible de la création à travers la diversité de ses manifestations». Quoi qu’il en soit, l’œuvre est superbe et digne de sa dédicace. S’affranchissant des dogmes, elle est d’une énergie, et d’une inventivité impressionnante. A côté de cet opus magnum, l’Adagio op. 69 composé en même temps que la Sonate devait en constituer le mouvement central. D’une simplicité envoûtante, Greif l’a néanmoins écartée à raison car elle aurait desserrée la structure de la sonate. et se sont magnifiquement appropriés ces partitions, qu’ils restituent avec autant de fougue que de poésie.

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