- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Dame Joan Sutherland, soprano

Le Nouveau Quotidien : Comment êtes-vous arrivée dans ce magnifique chalet des Avants sur Montreux ?
 : Nous étions dans le Tessin depuis 1960, où nous louions une très jolie maison en attendant d’en trouver une à acheter. J’adorais cet endroit, les montagnes, la vue sur le lac Majeur. C’était pratique, je travaillais à Milan, on y était en moins de deux heures. En 1964, un ami nous a parlé de cette maison, ici, qui était à vendre. Il nous a parlé de l’autoroute, qui nous menait directement à l’aéroport de Cointrin, en une heure, sans avoir à passer des douanes. Nous sommes venus voir et nous avons immédiatement été convaincus. Nous avons faits quelques travaux et nous nous sommes installés. C’est formidable. Nous sommes à Londres, à Rome, à Munich en un rien de temps.

LNQ : Pourquoi avez-vous choisi, vous, une Australienne, de vivre en Suisse, plutôt qu’en Grande-Bretagne ou en Australie ?
JS : Nous avons vécu seize ans à Londres. J’avais de graves problèmes de sinus. En 1959, j’ai eu cet immense succès avec Lucia di Lammermoor, et mon médecin m’a conseillé de ne pas rester en Angleterre, à cause des hivers trop longs, trop froids, trop humides. J’ai dû subir une opération assez délicate et il a fallu que je déménage dans un endroit plus ensoleillé. Nous avions évidemment pensé à l’Italie, mais nous en redoutions l’instabilité. C’est ainsi que nous avons choisi le Tessin. Pour être honnête, je dois ajouter que l’Angleterre à ce moment-là nous prenait 19, 5 shillings sur chaque 20 shillings que nous recevions en royalties pour nos disques. Ce n’était pas possible. Il fallait 12 à 14 jours de travail intense pour faire un disque et il ne nous restait rien !

LNQ : Vous aimez la Suisse ?
JS : Oh, oui ! J’aime comme tout est bien arrangé, propre. Des gens me disent que les Suisses sont ennuyeux. Ce n’est pas vrai, ils ont le sens de l’humour. Il faut savoir le découvrir, c’est vrai, mais il est bien là. Et ce pays est si beau ! Il a des musées, des collections magnifiques et il est près de tout.

LNQ : Vous les fréquentez, les Suisses ?
JS : Pas beaucoup, non. Les médecins, les garagistes, les dentistes, évidemment, mais nous n’avons que quelques très bons amis, à Zurich, à Genève, à Bâle. Quand nous sommes ici, nous voulons surtout nous reposer, éviter toute activité sociale. Evidemment, maintenant qu’il y a cet extraordinaire auditorium Stravinski à Montreux, nous sommes tentés de sortir. Cette maison est fabuleuse. Le plus dommage, pour nous, c’est que la saison des concerts coïncide chaque année avec notre retour en Australie.

LNQ : Allez-vous à l’opéra, à Lausanne, à Genève ?
JS : Pas beaucoup. Quand on voyage tout le temps, le rêve, c’est de ne plus bouger. Jouer aux cartes. Lire un livre. Faire un puzzle. Ou broder.

LNQ : C’est vous qui avez brodé ce magnifique tapis ?
JS : Le tapis, non, nous l’avons acheté au Portugal. Mais les fauteuils et le canapé, c’est moi. J’adore broder, chaque fois que j’en ai le temps. Ici, ou dans les avions. Ça me détend. Comme les puzzles. Je devrais écrire mon livre, répondre aux lettres, aux téléphones au lieu de faire des puzzles. Mais j’aime ça !

LNQ : A quoi pensez-vous quand vous faites des puzzles ?
JS : A rien !

LNQ : Vous chantez ?
JS : Non. Je n’ai plus chanté depuis ma dernière représentation. Je fredonne, mais c’est tout. Comme un baryton ! Mon mari est déçu, il aimait se mettre au piano et m’accompagner pour de vieilles chansons. Mais c’est fini. Je n’aime plus ma façon de chanter. J’ai 70 ans, quand même ! J’ai chanté pendant quarante-trois ans, sans m’arrêter. Et quand ça a été fini, j’ai éprouvé un immense soulagement. Ouf ! Je n’étais plus obligée de donner au public tout ce qu’il voulait. Quelle délivrance ! Bien sûr, quand j’entends les autres, je continue à me mettre à leur place.

LNQ : Chercher la voix, la placer…
JS : Oui, oh ! oui. C’est ce que je dis toujours aux jeunes qui apprennent. Mais ils ne comprennent pas, c’est un problème. Je n’aurais jamais pu avoir une carrière aussi longue si je n’avais pas établi d’emblée une technique solide. Les jeunes ne le font plus aujourd’hui. Ils chantent les airs les plus difficiles après à peine douze ou dix-huit mois de formation. Ils ne savent pas respirer, ni projeter la voix correctement. Ils retiennent l’air, et quand ils arrivent tout en haut, ils craquent, faute de technique. On ne va pas aux Jeux Olympiques sans une bonne technique, n’est-ce pas ? Mais, aujourd’hui, il suffit que les chanteurs se montrent pour qu’on les engage. Ils chantent un contre-mi, ils ont un vibrato, mais leur voix n’a aucune ligne, il leur manque la technique de base.

LNQ : Pourquoi, à votre avis ?
JS : Ils ou elles sont beaux, ils ressemblent à l’idée qu’on se fait des chanteurs d’opéra et hop ! ils ont le rôle. Pas toujours parce qu’ils ont une voix capable de l’exécuter. Mais ils ont besoin de travailler.

LNQ : Vous n’avez pas commencé comme cela ?
JS : J’ai appris à chanter avec ma mère, à 4 ans. Elle était très bonne chanteuse, non professionnelle, avec une belle voix de mezzo et une solide technique. Elle passait chaque jour au moins vingt minutes à faire des vocalises. Je l’imitais et elle me montrait comment faire.

LNQ : Vous aimiez cela ?
JS : Depuis toute petite, j’ai voulu aller chanter à Covent Garden, à Londres. J’écoutais Amélia Galli-Curci, Enrico Caruso, Lawrence Tibbett et plus tard Kirsten Flagstadt. C’était exactement ce que je voulais faire.

LNQ : Votre but était de monter sur une scène ?
JS : La scène, c’était autre chose. J’étais un peu naïve. Ce qui m’intéressait c’était de «chanter à Covent Garden». Je ne le disais pas trop parce qu’on se serait moqué de moi, mais je travaillais. J’ai toujours eu une voix. Mais je chantais dans le médium, d’où part toute technique. Il faut avoir cette partie-là très solide, et de là vous partez vers le haut, et vous revenez. C’est long, mais c’est à cette condition seulement que vous pouvez aborder de grands rôles. Il faut savoir utiliser la voix de poitrine, la voix du médium et la voix de tête. Cela s’apprend.

LNQ : Pensez-vous qu’il n’y a qu’une seule façon de chanter, «la bonne» ?
JS : Absolument ! Je connais de nombreux chanteurs qui ont commencé magnifiquement, avec de très belles voix, très colorées, mais parce qu’ils répétaient toujours les mêmes petites erreurs techniques, ont fini par tout gâcher. Même Maria Callas. Elle avait un sens incroyable de la profondeur, elle était complètement pénétrée par ce qu’elle devait faire, mais elle a appris trop vite et elle a été utilisée par le théâtre qui a compris ce qu’il pouvait tirer de cette grande voix. Elle s’est laissé faire car elle était très ambitieuse, elle aspirait à être la plus grande chanteuse du monde. Ce qu’elle est devenue d’une certaine manière. Mais elle voulait aussi être Audrey Hepburn et elle a été assez folle pour se laisser maigrir exagérément. Happée par les cliques mondaines qui l’ont flattée, elle s’est fait le plus grand tort à elle-même. Par exemple, elle apprenait des rôles incompatibles entre eux et quand elle constatait qu’elle ne pouvait chanter Lucia en même temps que Norma ou La Traviata, elle renonçait, malgré ses contrats, ce qui lui valait d’énormes critiques. Elle avait raison, mais personne ne la comprenait.

LNQ : Pourquoi est-il impossible de chanter ces rôles en même temps ?
JS : Ils sont si lourds qu’il est préférable de les séparer par des Haendel ou des Mozart, pour reposer la voix, lui donner des vacances.

LNQ : Callas a été une diva. Et vous ?
JS : Richard Bonynge, mon mari, m’a toujours appelé une «prima donna réticente» : je voulais chanter à Covent Garden mais pas ce rôle-là, ni ce rôle-ci, car je pensais que je n’y arriverais jamais. Mon mari devait insister : «Si, vas-y ! Comment peux-tu chanter avec une telle voix, tout au sommet, et ne pas monter sur scène ? Tu penses que tu chantes comme Flagstadt, tu veux être Flagstadt, mais tu n’es pas Flagstadt, tu es toi-même !»

LNQ : Flagstadt a été un modèle pour vous ?
JS : Oh, oui. Ce son si uni, cette brillance ! Où sont les grandes voix aujourd’hui ? A force de faire trop et trop vite, elles se perdent. Quand je suis arrivée à Covent Garden –à ma grande surprise, ils m’avaient acceptée dans la compagnie permanente- j’ai commencé par chanter tous les petits rôles : la Première Dame dans La Flûte enchantée, Agathe dans Der Freischütz, c’est comme ça que j’ai appris le répertoire. Maintenant, les chanteurs apprennent pendant quelques années, ils vont voir un agent qui leur trouve immédiatement un rôle. Il n’y a plus de compagnies permanentes, même plus au Covent Garden. Seul l’Opéra de Sydney en a une, à cause de la distance. Il ne peut faire venir une Reine de la Nuit ou une Tosca de Paris pour remplacer une malade, il lui en faut une sur place.

LNQ : Vous avez été très disciplinée pendant votre carrière ? Le travail avant tout ?
JS : Oui. Jusqu’à en devenir ennuyeuse. Avant une représentation, il me fallait du repos, je n’arrivais pas à me distraire. Le casino, les bals, non. Je ne pouvais pas non plus chanter tous les soirs. Il me fallait au moins deux jours entiers entre les représentations.

LNQ : Vous aviez le trac ?
JS : Non. J’étais tellement préparée que rien ne pouvait m’arriver.

LNQ : Vous aimiez être sur scène ?
JS : J’adorais cela. C’était merveilleux. Chanter du plus profond de vous, donner tout ce que vous pouvez, quel plaisir ! Les compositeurs d’opéra ont tout prévu. En particulier ce plaisir. C’est pourquoi je suis si fâchée avec ces étranges metteurs en scène qui vous font faire des acrobaties, et vous distraient dans ces moments où il faut se donner totalement.

LNQ : Est-ce difficile de mémoriser un opéra ?
JS : La musique, je l’apprenais avec facilité. Mais j’ai toujours eu beaucoup de difficultés avec les paroles. Les traductions des livrets, quand elles existaient, étaient incompréhensibles et totalement vides de sens. C’est pourquoi, mon mari et moi, nous relisions les livrets d’opéra et faisions nos propres traductions. Puis, j’essayais de chanter dans l’esprit du texte et de l’action dramatique, mais les paroles étaient toujours longues à s’imprimer dans ma mémoire. J’étais toujours contente de trouver un souffleur sur la scène.

LNQ : Vous avez eu des trous de mémoire sur scène ?
JS : Je me souviens d’une représentation d’Alcina de Haendel à Covent Garden. J’avais laissé filer ma concentration en me disant : «Ouf, c’est la dernière représentation de la saison, je vais enfin pouvoir me reposer !» Tout à coup, dans le trio final, je ne savais plus où j’en étais. Les autres continuaient de chanter et moi, je cherchais le souffleur. Il n’y en avait pas. J’étais complètement perdue. Alors, j’ai pris une attitude très walkyrienne, une main sur la poitrine, l’autre tendue vers la fosse d’orchestre, le regard droit et sévère. J’ai attendu le moment où je savais que je pourrais reprendre et je me suis remise en route avec les autres. J’essayais de ne pas rire. Le chef non plus !

LNQ : Quel est le plus beau moment de votre carrière ?
JS : Ma première Lucia di Lammermoor au Covent Garden de Londres, et son incroyable succès. Je n’en revenais pas ! Mes débuts aux Etats-Unis étaient bien aussi. Dallas, où les plus grands artistes lyriques avaient chanté avant moi : j’arrive, je chante et je reçois les applaudissements unanimes du public et de la critique. Pourquoi moi ? C’était merveilleux, je ne m’y attendais pas. Ensuite, le Carnegie Hall de New York. C’était comme à un match de football. Tout à coup, tout le monde se lève et applaudit. Excitant et terrifiant à la fois. Chanter avec Marylyn Horne, les duos de Semiramide de Rossini ou de Norma de Bellini, les sensations érotiques d’Escalrmonde de Massenet où la combinaison des airs avec le ténor sont des moments de musique exceptionnels.

LNQ : Quand avez-vous réalisé que vous étiez parmi les plus grandes chanteuses de ce siècle ?
JS : Je ne crois pas l’avoir jamais vraiment réalisé. Mais j’ai joui du succès. Il est extraordinairement agréable de se savoir aimée par tant de gens. Pour mon septantième anniversaire, j’ai reçu des vœux de personnes qui ont probablement lu cette date dans les journaux. Des gens qui ne me connaissent que par mes enregistrements, des gens qui n’ont certainement jamais assisté à une représentation.

LNQ : Vous avez enregistré Ernani de Verdi. Quand sortira ce nouvel enregistrement ?
JS : C’est un drame. Il est en boîte depuis bientôt sept ou huit ans et il n’est pas encore sur la marché. Peut-être ne sortira-t-il jamais chez les disquaires. Nous l’avons réentendu avec mon mari, il y a quelques mois. Je n’y chante pas très bien. Ce n’est pas du Sutherland à son meilleur niveau. C’était la fin d’une saison, j’étais très fatiguée. Je ne m’aime pas dans ce disque, pas plus d’ailleurs que dans d’autres enregistrements. Je n’ai jamais aimé m’entendre. Mais c’est plus pour Luciano Pavarotti que ce disque pose problème : un contre-ut qu’il n’a pas pu chanter à ce moment-là. Il voulait le refaire mais je crois que son contre-ut est définitivement perdu. S’il ne l’avait pas au moment de l’enregistrement, il ne le retrouvera plus sept ou huit ans plus tard ! C’est dommage, parce que ce disque n’est pas aussi mauvais qu’on a pu le dire et parce que les chœurs sont magnifiques. *

LNQ : L’opéra est un divertissement coûteux. Est-ce dû aux cachets des stars ?
JS : Les cachets des stars sont souvent trop élevés. Si les stars chantaient toujours, si elles donnaient toujours le meilleurs d’elles-mêmes, si elles n’annulaient pas leurs concerts au dernier moment, alors oui, elles le mériteraient. Mais ce n’est malheureusement pas le cas. Voyez ces fameux «Trois Ténors». Ça n’a aucune valeur artistique. Prenez Luciano Pavarotti : quand vingt ou trente mille personnes l’écoutent, il devient fou, il trouve cela magnifique. J’ai fait quelques concerts avec lui dans des stades de football. J’ai détesté parce qu’il n’y a plus aucune relation avec le public. Dans un théâtre, on chante en s’adressant aux derniers rangs du balcon. Dans ces immenses concerts, on ne chante que pour les quinze premiers rangs, le reste se perd dans les sonorisations. Et se voir sur ces écrans de télévision géants est simplement horrible. Mais qui possède une voix comme celle de Luciano Pavarotti ? Personne. Il est devenu un peu fou, même s’il cherche à rester la personne qu’il était. Nous l’avions emmené avec nous en Australie, lors de notre tournée en 1965. Il était adorable. Il travaillait avec tous. Il chantait trois opéras par semaine. Je ne comprends plus son comportement artistique actuel. La dernière fois que nous avons chanté ensemble, c’était lors de ma soirée d’adieux au Covent Garden. Pour moi, c’était un grand privilège de m’assurer de son concours, comme de celui de Marylyn Horne. Mais il n’était plus le même avec moi, une distance s’est introduite entre nous. Peut-être la rançon de son succès.

LNQ : Maintenant que vous n’enregistrez plus, on ne peut attendre de nouveautés de vous que par les disques pirates. Qu’en pensez-vous ?
JS : Une chose me chiffonne particulièrement : voilà des gens qui vendent des enregistrements pris sur le vif, hors des circuits commerciaux normaux, et je suis moi-même obligée de les acheter dans les magasins. La moindre des courtoisies serait que ces producteurs m’en fassent parvenir une copie gracieusement, ne trouvez-vous pas ?

Carte d’identité

La cantatrice sage

A 70 ans, la plus grande soprano après Maria Callas continue à être heureuse de tout, sauf de la qualité du chant, qui dégringole à son avis. Elle est une femme comblée. Si comblée même qu’en pleine possession de ses moyens, elle a tiré sa révérence, mettant fin fièrement à une carrière de quarante-trois ans sans accroc ni accident. Elle a joué les plus grands rôles du répertoire de bel canto, sur les plus grandes scènes du monde, elle n’avait donc plus rien à désirer, plus aucune preuve à apporter, sinon celle de sa dignité. Maintenant, elle écrit son autobiographie, elle fait des puzzles et répond personnellement à la montagne de lettres d’admirateurs qui lui parviennent chaque semaine. Retraite sage d’une personne qui n’a cessé d’être sage. Enfant, elle imite sagement sa mère, cantatrice amateur de talent ; jeune fille, elle se lie d’amour avec Richard Bonynge, qui est à l’aube d’une carrière de pianiste puis de chef d’orchestre : «Je l’ai rencontré après un concert à Sydney, il devait avoir 15 ans et moi 19.» Elle puise chez ce parfait gentleman une assurance et une confiance en soi qui la maintiendront toujours sur le bon côté de la route et lui éviteront le genre de folies ou de déviances habituelles du monde du spectacle, si ravageur pour des ego moins solidement étayés. Mère d’un garçon, Adam, puis deux fois grand-mère, elle cultive une vie privée discrète où domine le travail, le travail et encore le travail.

Dans sa maison des Avants, habitée avant elle par le baron Pierre de Coubertin, elle s’est entourée de ses souvenirs, photos de grands chanteurs du siècle, objets récoltés au cours de ses périples professionnels, disques et vidéos qui disent sa fidélité à l’opéra, à ses amis et à soi-même. Cette grande Norma, cette immense Lucia di Lammermoor est chez elle une puritaine.

Goûts et couleurs

– Y a-t-il dans votre vie une île où vous aimez vous retirer ?
Ma maison de Sydney, «Whalebeach».

– Y a-t-il une ville en Suisse, où vous aimez flâner ?
Zurich.

– Si vous deviez déménager dans une ville européenne, dans laquelle ?
Vienne ou Budapest.

– Le plus grand artiste, selon vous ?
Celui qui a composé «Norma», Vincenzo Bellini.

– La diva que vous portez aux nues ?
Kirsten Flagstadt.

– Connaissez-vous un artiste qui vous donne confiance en l’avenir ?
Une jeune cantatrice fantastique, qui accepte de toujours apprendre, Deborah Riedel. **

– Quel est selon vous le plus grand homme d’Etat ?
Roosevelt.

– Y a-t-il un homme d’Etat vivant qui vous inspire du respect ?
Ils sont tous assez désolants ces temps-ci, non ?

– Quels livres lisez-vous en ce moment ?
Des biographies et des romans policiers.

– Quel est le livre qui a inspiré votre jeunesse ?
Le livret du Ring de Wagner.

– Quelle est votre idée des Etats-Unis, aujourd’hui ?
Ils sont censés être prospères.

– Comment voyez-vous la Russie ?
Elle a d’immenses problèmes mais c’est un pays fantastique avec un peuple adorable.

– Et l’Europe ?
Je me demande si elle arrivera à s’entendre.

– Quelle fleur offrez-vous à ceux que vous aimez ?
Des pivoines, à cause des couleurs, et parce qu’elles durent.

** Deborah Riedel est décédée d’un cancer en janvier 2009. Elle avait 49 ans.

Crédit photographique : © Hélène Tobler

Nous tenons à remercier l’éditeur Ringier S. A. pour sa générosité et sa compréhension dans l’autorisation de la reproduction de cette interview que nous avons, à dessein, aucunement modifiée.

(Visited 599 times, 1 visits today)