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Bryn Terfel, The bad boy is a nice guy

donne en récital de larges extraits de son disque consacré aux «Bad boys» du répertoire lyrique. Du haut en bas de la vaste tessiture qu’il parcourt, il prodigue un chant riche d’accents, mais toujours plus ou moins rugueux. Faut-il y voir le résultat d’une mauvaise forme ? La voix fut certainement plus aisée que ce soir. Ou plutôt le choix d’une théâtralité qui prend le pas sur le beau chant, s’engageant sur les traces de grands «chanteurs-acteurs» britanniques, comme Geraint Evans, Peter Glossop ou John Tomlinson ? En tout état de cause, l’autorité magnétique qu’il exerce sur scène ne fait aucun doute. Le chanteur évoque sans efforts une galerie de personnages, qui sous leurs rictus diaboliques, demeurent éminemment sympathiques, à l’image du fantôme bon enfant de Ruddigore, opérette de Gilbert et Sullivan dont il offre un extrait. Il fait de son entrée, en Dulcamara, une véritable saynète, d’une bouffonnerie qui ne verse pas dans la charge. Belles réussites, aussi, que ce Mefistofele massif et insidieux (et quelle technique du sifflet !), ou ce Scarpia et ce Iago troubles, tout en puissance contenue. L’allemand du Freischütz est meilleur que le français d’un Veau d’or plaisamment rugi. En seconde partie, les airs de comédies musicales, plus confortables vocalement, sont délicieux, même si le style généreux des Misérables (le serment de Javert aux étoiles, donné en bis) lui convient mieux que la souplesse de Sportin’Life.

Moins prestigieux que ses grands voisins munichois, le Rundfunkorchester montre une excellente tenue et un professionnalisme souriant, tout comme la vingtaine de choristes. La direction efficace et sobre de Gareth Jones participe à la décontraction de l’ambiance et les intermèdes, s’ils ont pour principal intérêt d’offrir un peu de répit à la vedette, procurent du moins un plaisir sans complexes.

Crédit photographique : © Harlequin Agency

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