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Gergiev par la case Ravel

À la tête de ses forces de l’orchestre symphonique de Londres, s’offre une étape . Curieusement, le très britannique LSO est l’un orchestres les plus qualifiés pour jouer l’auteur du Boléro ! Car avec les mandats de chefs comme Pierre Monteux, André Previn ou Claudio Abbado, il a eu le temps de ses familiariser avec ce style et même de laisser des gravures indémodables de cette musique : on pense aux anthologies de Monteux (Decca) et Abbado (DGG). Quant à , il est intéressant de l’entendre dans ces partitions plutôt éloignées de la musique russe ou des symphonies de Mahler qu’il pratique avec assiduité au concert.

Dans Daphnis et Chloé, le résultat est stylistiquement probant. La direction assez rapide s’avère chorégraphique. Les différents épisodes sont bien caractérisés avec une parfaite gestion des transitions : la «danse guerrière» ou le «lever du jour» sont amenés avec une maîtrise parfaite de la construction et des gradations. Le LSO, très à son aise, fait briller sa sonorité d’ensemble et ses soli instrumentaux. Le chœur de l’orchestre est un peu en retrait : on pointe un manque d’homogénéité et de nuances, certainement à cause de la pugnacité d’une battue qui n’est pas toujours aisée de suivre !

La sublime Pavane pour une infante défunte se traîne un peu mollement en dépit de la beauté des solistes. Quant au Boléro, il est, hélas, le point faible de cette galette. Le chef, en panne d’inspiration, navigue à vue. La sonorité d’ensemble est dure et manque de raffinement. Si le chef cherchait une optique primitiviste ou fauviste, c’est raté ! Si l’on cherche une vision rauque et barbare du Boléro, on peut se tourner vers Georg Solti (Decca) alors que les esthètes de l’orchestre seront ravis avec Riccardo Chailly (Decca).

Ce disque reste un bon témoignage des années 2000 dans Daphnis et Chloé même si le complément de programme gâche un peu notre satisfaction. Cependant, la discographie étant très riche avec les gravures de : Abbado (DGG), Chailly (Decca), Ozawa (DGG), Monteux (Decca), Munch (RCA), dès lors ce disque risque de rester au second plan discographique.