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Elisabeth Leonskaja, grande dame du piano

Invitée par l’Orchestre de Paris au début du mois, c’est en solo qu’ se présentait au fidèle public de l’Auditorium du Louvre dans un programme Beethoven. La pianiste d’origine géorgienne, viennoise depuis 1978 proposait un monument du répertoire pianistique, les trois ultimes sonates (1820-1822), qu’elle a par ailleurs enregistré pour le label MDG.

Toute de noir vêtue, le regard sévère, la pianiste rentre immédiatement dans le vive du sujet et propose une interprétation fort convaincante de ces trois chef-d’œuvres, grâce à un jeu solide, une qualité de toucher évidente, un sens de la construction, de la gradation qui appellent des compliments (en particulier dans les variations finales de l’op. 109, la fugue de l’op. 110 ou les variations de l’Arietta de l’op. 111). Malgré quelques lourdeurs dans les basses, quelques petites imprécisions liées à la prise de risque, on apprécie d’écouter une artiste ne cherchant jamais à tirer la couverture vers elle mais servant la musique qu’elle interprète. Prenant son temps, marquant bien les ruptures, changements de climats dont est parsemé cette musique (premier mouvement de l’op. 109, Allegro molto de l’op. 110 par exemple), manifeste des affinités évidentes avec ce Beethoven tardif fait d’interrogations, de gravité mais aussi de lyrisme.

Après le poignant dernier mouvement de l’op. 111 et malgré l’enthousiasme du public, pas de bis s’impose et l’artiste quitte la scène… laissant sur le piano le bouquet de fleur qui venait de lui être offert : tout un signe !

Crédit photographique : Elisabeth Leonskaja © Jean Mayerat

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