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Bononcini et la musique de chambre

Pour beaucoup de mélomanes, restera éternellement un de ces deux compositeurs, avec Attilio Ariosti, qui concurrença Haendel à Londres dans les années 1720, au cours des années les plus torrides de la Royal Academy of Music. Et si on a tendance aujourd’hui à préférer les ouvrages du « caro sassone », généralement jugés plus « dramatiques » et plus riches sur le plan de l’expression des sentiments et des passions de l’âme, nombreux étaient autrefois les auditeurs qui plébiscitaient le style plus mélodique, et peut-être plus « facile », du compositeur italien. Ce dernier, dont on oublie parfois que l’opéra I trionfi di Camilla fut un des grands « tubes » du premier quart du dix-huitième siècle, devait d’ailleurs jouer un rôle important dans l’élaboration du style dit « galant » qui devait plus tard déferler sur l’Europe.

C’est en effet la facilité mélodique du compositeur qui ressort de ce joli enregistrement exclusivement consacré à des cantates et à des sinfonie de chambre. Si l’expression dramatique est certes confinée à des situations intimes, l’économie des moyens mis en œuvre confère à ces pages une réelle élégance, qui leur permet à tout moment d’échapper à l’ennui. On appréciera tout particulièrement les pages instrumentales, d’une grande fluidité musicale et d’une belle rhétorique expressive. Dans les parties vocales, le chanteur prête sa voix de ténor aigu à la française à la tessiture relativement basse appelée par ces pages. L’expression est parfois monocorde, mais elle ne gâche rien au plaisir et à l’intérêt que l’on ressent à la découverte d’un maillon indispensable dans l’évolution de la musique vocale du dix-huitième siècle. Pour les frémissements de la passion, d’autres compositeurs, Haendel en tête, auront su faire preuve de davantage d’imagination.