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Prokofiev par Temirkanov

La ferveur envers les labels autoproduits ne faiblit pas avec l’arrivée, sous l’étiquette britannique Signum, d’une collection dédiée à la Philharmonie de Saint-Pétersbourg. L’institution symphonique russe a du tirer les leçons de la réussite du nouveau label Mariinsky du prestigieux théâtre voisin et de sa formidable moisson de récompenses. Ce troisième titre de cette série (après une belle symphonie n°7 de Chostakovitch et un Requiem de Verdi bien raté) est centré sur des extraits des deux plus célèbres ballets de Serge prokofiev. Le projet est cohérent car, sauf erreur de notre part, il n’existe pas d’albums qui compilent des morceaux de ces deux partitions emblématiques.

qui a, à maintes reprises, affronté ces partitions en concert ou au disque (RCA), est un guide éminent et convainquant. Sa direction, très esthétique, favorise une certaine opulence orchestrale basée sur des instrumentistes à la précision chirurgicale (cuivres et percussions). L’étagement des pupitres et la beauté sonore sont au centre de la démarche d’un chef qui caresse avec passion cette musique. Le final de Cendrillon est ainsi un grand moment symphonique. Cependant, il faut quand même regretter un certain manque de tension dramatique et ne nerfs car à force de lisser les contours avec une main de velours, le chef perd un peu la motricité et l’impact de la partition. Qui plus est la sélection, sans vraie logique dramatique, élude la dimension théâtrale de ces deux pièces.

En dépit de ces réserves, il faut saluer le retour discographique d’un orchestre qui reste l’une des grandes phalanges mondiales avec un chef, qui avec l’âge et l’expérience, se transforme en esthète passionné !

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