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Quatuor Aron & Bruno Canino, les cordes sous le signe du chant

Ce concert, programmé autour de Francesca da Rimini de Riccardo Zandonai, actuellement à l’affiche de l’Opéra-Bastille, était une véritable curiosité, tant pour les œuvres que pour les compositeurs programmés.

Il commence par un mouvement pour quatuor de Puccini intitulé Chrysanthèmes, composé en 1890 à la suite de la mort du Prince Amédée de Savoie. C’est un chant funèbre pour cordes et la vocalité puccinienne est bien là ; la ligne mélodique, triste et parfois tragique, est digne d’un air d’opéra. Vient ensuite le Quatuor de Zandonai. Œuvre de jeunesse – il l’a écrite en 1904 à l’âge de 21 ans – ce quatuor donne l’impression que le compositeur laisse libre cours à ses inspirations, fécondes et originales, sans se soucier de l’unité formelle entre les quatre mouvements. Des enchainements harmoniques curieux et audacieux, des alternances majeur-mineur assez inattendues, une expressivité profonde se mêlant à un enthousiasme juvénile… tout cela évoque également certains caractères d’un premier romantisme tardivement épanoui, plutôt que du vérisme ou du post-romantisme d’après-Wagner prévalant à l’époque. De plus, l’interprétation à la fois enjouée et grave du rend l’œuvre extrêmement vivante.

Après l’entracte, une autre rareté, le Quintette avec piano de Martucci, compositeur italien de la seconde moitié du 19e siècle qui n’a pas écrit un seul opéra ! Son écriture est très maîtrisée, dans une structure équilibrée, tirant le meilleur parti de chaque instrument, mais aussi de l’ensemble. Dans un son velouté, les cordes des quatre musiciens sonnent avec une étonnante homogénéité ; fait montre de sa grande maîtrise au clavier en fusionnant parfaitement avec le quatuor, surtout au niveau sonore.

Ces trois pièces sont ainsi exécutées dans une vocalité élégante et expressive, chantés ou déclamés au fil des notes, comme de véritables récitatifs, airs, ou ariosos.

Crédit photographique : © Villa Medici