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Quatuor Béla, des jeunes qui iront loin

Dans un cadre intime, le , composé de jeunes musiciens sortant des CNSM, et férus de musique contemporaine, nous proposait un programme centré autour d’une des œuvres les plus connues de  : Black Angels (Thirteen Images from the Dark Land) . Les autres morceaux proposés étaient pour la plupart des extraits de quatuors de divers compositeurs du Xxème siècle. Le lien entre les divers compositeurs n’était pas évident à voir de prime abord, mais il est apparu clair à la lumière de l’interprétation de Black Angels.

Dans cette œuvre, la définition de quatuor est prise dans son sens le plus large : quatre instrumentistes. En effet, ils ne se limitent pas à jouer de leur instrument à cordes de prédilection, mais sont tour à tour joueurs de maracas, percussionistes, bruiteurs, et même acteurs, car une – minuscule – mise en scène est présente, grâce à un habile jeu de lumières. Le morceau, fondamentalement contemporain, possède néanmoins une grande puissance mélodique. Il utilise toutes les capacités techniques du quatuor à cordes, ainsi que beaucoup de techniques de composition de la seconde moitié du vingtième siècle, que l’on retrouve isolées dans les autres œuvres présentées : Spectre, de John Oswald, joue avec les quarts de tons et l’électronique, le Quatuor n°2 de Ligeti, très expérimental et technique, s’intéresse au rythme (musique de phase). Puis, le côté mélodique est mis en valeur, avec entre autres un très beau premier mouvement du Quatuor n°1 d’Erkki-Sven Tüür, aux harmonies minimalistes à la Steve Reich, et enfin, les contrastes et fortes émotions de la musique de Britten. Et au milieu de cela, Black Angels apparaît comme une incroyable fusion mystique de tous ces styles, à l’apogée de la musique contemporaine. L’œuvre comporte également de nombreuses références, comme le thème du Dies Irae.

Les instrumentistes furent tous irréprochables tout au long du concert, alliant technique, musicalité, précision et volonté ; on aura un faible particulier pour la force tranquille du violoncelliste Luc Dedreuil. Les deux violons nous ont même fait le plaisir d’échanger leur rôles (premier et second violons) au milieu du concert. On regrettera cependant deux petits détails : des transitions un peu rapides entre les morceaux, qui ne nous laissent pas reprendre notre souffle après l’écoute de ces œuvres intenses, et le fait que, dans leur enthousiasme, les musiciens ne présentaient seulement qu’une partie de la plupart des œuvres (un seul mouvement pour les quatuors, par exemple).

Crédit photographique : Quatuor Bela © DR

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