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La lumière de Skagen

De nombreux peintres danois de la fin du XIXe siècle tombèrent littéralement en extase devant la lumière entourant la pointe nord de la presqu’île du Jutland. Ils se regroupèrent autour de la petite ville portuaire de Skagen qui donna son nom à la colonie d’artistes qui se retrouvaient là, formant une authentique famille de créateurs dont les esthétiques très diverses partageaient l’illumination provoquée par les lieux. On y appréciait particulièrement les grandes plages de sable fin, le calme environnant mais plus encore la lumière. Nombre d’entre eux trouvèrent là leur inspiration lors de séjours plus ou moins prolongés et répétés. Les artistes peintres représentaient le contingent principal, presque tous gravitant à proximité d’un couple d’artistes danois de grande renommée : Anna et Michael Ancher.

fréquenta cette côte septentrionale bien après cette période, qui avait constitué un authentique deuxième âge d’or de la peinture danoise. La vie trépidante du compositeur danois le plus conséquent de son époque étonne aujourd’hui encore par sa diversité et son intensité. La difficile existence du couple formé par et Anne-Marie Carl-Nielsen, sculpteur de son état et mère de trois enfants, les avait menés à des séparations itératives préludant à une séparation officielle pendant plusieurs années. Le couple d’artistes, lui chef d’orchestre et compositeur, elle sculpteur professionnel, tous les deux carriéristes décidés, souffrit intensément des choix de chacun d’entre eux. Elle s’éloignait souvent de la maison et lui vivait à ses multiples obligations à une vitesse trépidante : chef d’orchestre invité, compositeur, nombreuses tâches sociales et professionnelles, vie personnelle souvent compliquée par des relations amicales et sexuelles multiples, voyages à l’étranger pour défendre ses partitions, problèmes croissants de santé…

La vie mouvementée qu’imposait sa situation très en vue à Copenhague l’empêchait de trouver le repos qui s’imposait tant au plan médical que psychologique. Le seul moyen de s’en éloigner et d’y échapper quelque peu consistait à quitter la capitale pour aller se réfugier à la campagne, notamment chez certains grands amis, assez riches et sincères admirateurs pour lui offrir l’hospitalité autant qu’il le désirait. Nous détaillerons ces escapades bienvenues pour son moral dans un autre article de «Sur les traces de ».

Les connaissances de Carl Nielsen appréciaient sa compagnie débonnaire et sympathique, son côté bon vivant et aimable, son abord aisé et dénué de toute condescendance. On l’invitait à la première occasion. Manifestement, il ne savait, ne pouvait ou ne voulait s’isoler plus que nécessaire et ne cachait pas sa joie simple et sincère de profiter de tous ces contacts humains qu’en définitive il recherchait et dégustait en gourmand de l’existence.

C’est dans ce contexte qu’il fut amené à se rendre à Skagen afin d’y rejoindre certains artistes profondément amoureux de la lumière des lieux. Nous proposons ici une petite chronique des relations du compositeur avec Skagen et un mini lexique de la colonie artistique de Skagen.

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Droit photographique © Skagen