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Le Brahms intériorisé d’Adam Laloum

Le jeune pianiste est certainement l’un des plus en vue en ce moment.

Né en 1987, il commence le piano à l’âge de 10 ans. Formé d’abord à Toulouse, puis à Paris à partir de 2002, il est lauréat de plusieurs prix, dont le Prix Maurice Ravel et surtout du Concours Clara Haskil en 2009. Il a déjà fait ses débuts à de prestigieux festivals comme Verbier, la Roque d’Anthéron et Piano aux Jacobins, ou encore les Folles journées (Nantes, Bilbao, Tokyo).

On attendait donc avec impatience la sortie de son premier disque, c’est maintenant chose faite, avec des pièces de , son compositeur préféré. Nous sommes d’abord frappés par la profondeur du son, délicatement velouté mais à la fois très dense. L’interprétation reflète avec éloquence une longue gestation pianistique de Laloum sur le caractère introspectif de ces partitions. En écoute aveugle, il serait difficile d’imaginer que c’est un jeune homme de 24 ans qui réalise une telle prestation. Ainsi, les trois Intermezzi op. 117, que Brahms composa vers la fin de sa vie, sont exécutés avec un grand lyrisme teinté de mélancolie ou de nostalgie, ce qui les différencie de la fraicheur intériorisée des Variations, œuvre de jeunesse. Quant aux mouvements agités, tels deux Rhapsodies et la fin des Variations, le déchaînement est merveilleusement retenu, accentuant paradoxalement les tourments ressentis dans la musique.

Il s’agit là de l’un des rares « premiers enregistrements » qui ne décevra nullement, d’autant que la prise de son est véritablement excellente.

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