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Victor Vreuls, un pilier de l’école franco-belge

Fortement oublié, fut pourtant l’un des plus éminents représentants de l’école franco-belge du violon. Né à Verviers, à l’Est de la Belgique, comme Henri Vieuxtemps, il étudie auprès de Sylvain Dupuis, dans sa ville natale, et de Jean-Théodore Radoux, à Liège, avant de se perfectionner à Paris, avec Vincent D’Indy. Ce dernier l’invite à enseigner l’Harmonie dans sa Schola Cantorum. Vreuls fut également un animateur de la vie musicale belge, on lui doit même un projet, alors visionnaire mais inabouti, de création d’une société spécialisée dans l’exécution musique ancienne. De 1906 à 1926, il est directeur du Conservatoire de Luxembourg et mène une belle carrière de chef d’orchestre. Son œuvre, variée et multiple, couvre tous les genres de l’opéra à la musique de chambre en passant par l’orchestre et l’instrumental. Sa Symphonie pour violon et orchestre (1899), fut couronnée, du prix Eugène Ysaÿe. Ses partitions prennent place dans une filiation franckiste de bon aloi avec ce mélange de maîtrise du style d’élégance racée et de sens des couleurs automnales et ombragées.

Les deux sonates pour violon sont dédiées à deux légendes du violon belge : Eugène Ysaÿe pour la Sonate n°1 (1900) et Mathieu Crickboom pour la Sonate n°2 (1922-1923). On tient là deux très belles pièces qui ne cèdent en rien à d’autres partitions composées également au début du XXe siècle, mais dans une optique très «franckiste» qui évite l’influence d’un Debussy et qui privilégie un élan expressif sur une recherche sur les timbres. Si l’on aime Franck, Fauré, Lekeu, Chausson, ou Saint-Saëns, on aimera sans aucun doute Vreuls.

Le duo piano-violon confronte deux générations d’artistes belges : l’expérimentée pianiste , pour qui les musiques belges de cette époque n’ont plus de secrets, et le jeune , un chambriste brillant. L’entente entre les deux musiciens est parfaite et est au service de ces belles partitions. Même si le violoniste n’a pas la sonorité la plus phonogénique du moment, il met sa musicalité au profit du discours.

Il faut enfin saluer le bel objet discographique avec une superbe illustration de couverture dans l’esprit de l’époque et un texte de présentation solide signé de la plume de notre confrère Nicolas Derny. Ce dernier conclut justement, à propos du compositeur : «l’heure est venue de le redécouvrir».

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