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Erich Leinsdorf dirige Prokofiev

succéda à Charles Munch à la tête du en 1962 et resta à ce poste jusqu’en 1969. C’est durant cette période qu’il enregistra pour RCA les intégrales des concertos pour piano et pour violon de Prokofiev que nous retrouvons dans ce coffret économique, complété par une semi-intégrale des symphonies (manquent les n°1, 4 et 7), Lieutenant Kijé et de larges extraits de Romeo et Juliette.

A l’époque de leur parution dans les années 60 ces enregistrements devaient certainement bien occuper le terrain auprès des mélomanes intéressés par la musique de Prokofiev dont la plupart des enregistrements qualifiés aujourd’hui de « référence » apparurent au moins une décennie plus tard. N’ayant pas eu l’opportunité d’entendre les vinyles d’époque, nous ne sauront dire si le son reproduit ici sur ces CD est fidèle à l’original, mais il sonne « compact » avec un niveau de gravure élevé (point besoin de pousser le potentiomètre) qui pourra à la longue sembler fatiguant et certainement manquer d’air. On notera d’ailleurs ici ou là des bruits parasites et des saturations sur les fortissimo (gare aux fins de mouvements) qui n’aident pas au confort d’écoute. D’autant que le style de direction d’ va clairement vers un Prokofiev rythmique, marteleur, dénué de la moindre trace d’humour (son Romeo et Juliette, sans doute le point faible de cet album, en pâtira un peu plus), très sérieux, puissant et direct, emportant tout sur son passage, sans doute terriblement impressionnant en concert. Mais un peu étouffant au disque. Néanmoins cette vision se défend, l’Orchestre de Boston tient la rudement bien route et les solistes, tous américains, montrent leurs talents de virtuoses, et ils en ont bien besoin ici. Le pianiste américain alors en pleine jeunesse (né en 1933, c’est alors un jeune trentenaire) impressionne par la vigueur et la force de son jeu mais il sait également phraser plus en douceur les longues phrases des mouvements lents. Le violoniste , était encore plus jeune lorsqu’il enregistra en avril 1964 (c’est le plus ancien enregistrement de cette série) un beau Concerto pour violon n°1 et c’est un d’à peine vingt et un ans qui grava en décembre 1966 le Concerto pour violon n°2 dont l’introduction lente, et l’Andante assai, portent déjà l’emprunte et on peut dire qu’il vole ici la vedette à l’orchestre.

Au prix où il est proposé (moins de 20€) cet ensemble de 6 CD a peu de concurrence et  peut constituer une bonne introduction à l’univers de Prokofiev. Car les concurrents pour les concertos sont Beroff-Masur plus confortables à écouter mais moins impressionnants (EMI 15€) ou Ashkenazy-Previn plus nuancés (3 CD Decca 25€, avec les concertos pour violon et les œuvres concertantes pour violoncelle). Côté symphonique Rojdestvenski chez Melodiya ou Neeme Jarvi chez Chandos (autour de 30€ chacun) s’imposent sans doute aujourd’hui, où le premier choix est peut être maintenant Gerviev avec Alexandre Toradze pour les concertos (Philips), et avec le London Symphony Orchestra pour l’intégrale des symphonies et un superbe Romeo et Juliette intégral et en SACD.

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