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Claudia Triozzi affiche son amour de la viande

Un âne, un tailleur de pierre, un modèle vivant, un boucher et son billot sont les principaux acteurs de cette nouvelle « action performative » de . Avec culot, la chorégraphe – devenue performeuse – compose les éléments de son tableau absurde.

Le cœur de la performance est en effet constitué d’un tailleur de pierre qui fignole imperturbablement une rosace médiévale, d’un modèle vivant qui prend la pose et d’un jeune boucher qui désosse et prépare un quartier de bœuf entier, pour le détailler en bavette, faux-filet, cœur d’aloyau ou côte de bœuf.

En guest-star au look futuriste, évolue, papillonne, passant « en touriste » d’une action à l’autre, questionne ou chante au milieu des personnages de cette installation vivante. Les moments les plus savoureux du spectacle sont ceux de l’interview par elle-même du jeune boucher en action, sous le regard attentif de l’âne Manon. C’est en effet le véritable héros du spectacle, travaillant imperturbablement sous les encouragements de ses amis bouchers assis au premier rang. Claudia Triozzi retrouve ici son obsession pour le métier, et par-delà celui de chorégraphe, pour le rôle de l’artiste, au sujet duquel elle entame un dialogue quelque peu fumeux avec le plasticien et l’historienne de l’art Sophie Delpeux.

Si cet assemblage hétéroclite est réjouissant, on la suit moins dans ses textes et ses délires vocaux, qui sont sa marque de fabrique depuis le spectacle « Family Tree » en 2002. Claudia Triozzi tente néanmoins dans ce spectacle de faire la somme de ses spectacles précédents, depuis « Gallina Dark » ou « Park », sous une forme qu’elle baptise « Pour une thèse vivante ». On retrouve par exemple le découpage méthodique d’un cake gélatineux sur le thème du mariage, cigarette au bec, la chevauchée d’une plaque de tôle bombardée par trois catapultes, la vidéo d’une expérience de vendeuse en droguerie ou un diaporama de vieilles dames auxquelles elle a demandé de revêtir leurs anciens bodys de danse. Des clins d’œil parfois pollués par des problèmes techniques que la chorégraphe essaie de résoudre, sourcils froncés et voix impérieuse, avec son délicieux accent transalpin.

Crédit photographique :  © Olivier Charlot

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