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La compagnie Lanabel à Dijon

Vouloir allier les effets vidéo , le mouvement et la plasticité des musiciens sur scène n’est pas en soi très nouveau, mais il a été prouvé que cela pouvait produire des effets poétiques assez séduisants pour favoriser des voyages imaginaires : là, l’aventure ne semble pas être au rendez-vous.

De superbes pièces, courtes au demeurant, illustrent la chorégraphie et leur interprétation vaut à elle seules le déplacement : les deux instruments à cordes rivalisent de sensibilité et de virtuosité pour nous faire ressentir l’atmosphère « Mitteleuropa » que ces trois musiciens hongrois talentueux ont su, avec concision, évoquer superbement. Ah, la sonorité du violoncelle ! Ah, les duos nocturnes !

Pourtant, il apparait souvent au cours de la soirée, que cette partition musicale n’est pas toujours en adéquation avec les interventions des deux danseurs souvent prisonniers de mouvements répétitifs et de procédés : si le début de la chorégraphie utilise systématiquement la souplesse des corps, ensuite elle se complait souvent dans une série de gestes saccadés qui ne sont pas toujours en rapport avec le senti de la musique et c’est bien regrettable.

Quelle est la place qu’occupe la vidéo ? Les images sont projetées sur grand écran en fond de scène et sur une dizaine de petits disséminés sur le plateau. Ces images sont un rappel de la réalité qui y semble parfois bien inutilement vulgaire et on est tenté de faire la même remarque qu’au paragraphe précédent : qu’apportent-elles à la danse, sont-elles un contre-chant aux attitudes, une complémentarité ? Tout cela n’est pas très clair. On perçoit tout de même que le thème du voyage y est présent au début et à la fin de la prestation ; il semble honnête d’encourager les deux danseurs qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes au cours de cette équipée difficile d’accès.

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