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Liszt en Hongrie

Sous le titre générique de « Liszt en Hongrie », des élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris donnent un concert collectif (pour ne pas dire des auditions) rassemblant des œuvres de compositeurs hongrois, construit autour de quelques Rhapsodies hongroises pour piano de Liszt. Ces pièces sont toutes des danses, excepté Kosmos pour deux pianos, joué à la fin de la soirée, que Péter Eötvös a écrit à l’âge de 17 ans, suite à l’exploit de Youri Gagarine en avril 1961. L’interprétation de et de est à la fois dynamique et délicate, ce qui suggère des répétitions minutieuses. Les sonorités assez proches des deux pianistes se mêlent pour former un ensemble pulsatoire, tel un double mouvement tournant l’un autour de l’autre.

Parmi les dix autres jeunes pianistes, trois noms méritent d’être cités. s’exprime très librement à travers la Rapsodie hongroise n° 1. Il semble qu’il ait eu le temps de faire amplement connaissance de l’œuvre, car son jeu est sûr et son attention portée très naturellement jusqu’aux moindres détails. joue une autre Rhapsodie hongroise, cette fois la n° 5, avec un son ouvert et radieux, malgré le caractère grave du morceau. L’exécution par des Huit pièces pour piano de Kurtág est remarquable. Il choisit avec bonheur l’œuvre par rapport à son jeu, à la fois méticuleux et spontané. Son interprétation en dit long sur l’affinité qu’il doit ressentir avec les techniques exigées par l’écriture, qu’il maîtrise parfaitement.

Ryutaro Suzuki, qui a ouvert le bal, est également excellent, et son interprétation est extrêmement « propre », mais manque un peu de liberté et surtout d’audace. Certains autres pianistes auraient besoin de beaucoup plus de répétitions, d’autres encore seraient sûrement plus à l’aise dans un autre répertoire. Quoi qu’il en soit, nous leur souhaitons à tous bonne route !