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Excentricité anglaise : Façade au Musée d’Orsay

Depuis combien de temps n’a-t-on pas vu Façade à Paris ? On
ne sait pas. Si cocasse que soit la musique de Walton, elle se rapproche d’œuvres contemporaines, comme Les mariés de la Tour Eiffel de Cocteau et du Groupe des Six. Les morceaux se classent pour la plupart dans un genre précis, comme la polka, le tango ou la tyrolienne. On les connaît d’ailleurs mieux dans les Suites que le compositeur a arrangées pour orchestre. L’étrangeté de l’œuvre réside plutôt dans les poèmes extravagants d’Edith Sitwell, où les symboles de la bonne société (Victoria et Albert, le thé, le tartan et les amiraux) se mêlent à des figures exotiques et mythologiques. C’est la quintessence de l’excentricité britannique, une attitude que la poétesse, élevée dans un immense château par des parents tout à la fois rigides et loufoques, étudiait et cultivait. La récitation n’est pas vraiment moins difficile que dans le Pierrot lunaire, car, si la hauteur n’est pas indiquée, le rythme est noté très précisément, le plus souvent à une allure folle. Façade exige donc la discipline la plus imperturbable, et c’est malheureusement sur ce plan que les deux comédiens se montrent parfois en difficulté. Du moins demeurent-ils parfaitement british, détachée et froide, comme le demande l’auteur, et , populaire en Grande-Bretagne pour ses prestations à la radio et dans la série Docteur Who, plus truculent. Le microphone, qui garantit un bon équilibre avec l’ensemble instrumental, n’a rien d’hérétique, puisqu’en 1923, c’est derrière un paravent représentant une façade, et avec un mégaphone, qu’Edith Sitwell médusa l’assistance. Les instrumentistes rendent parfaitement le ton « épatant » de cette musique, et l’on ne s’ennuie pas à ces traits le plus souvent parodiques, remarquablement exécutés. , timbalier de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, aide les récitants et ménage une place pour l’élégie dans « En famille » ou la poétique « Berceuse pour Jumbo ».

L’association avec une œuvre aussi inoffensive que les Six studies in english folk-song est surprenante. Catherine Cournot et Éric Levionnois en donnent la version originale pour violoncelle et piano avec une charmante délicatesse.

Crédit photographique : © Eyedea

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