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Scanner orchestral avec Salonen

Venant après une magistrale Symphonie n°9, cette Symphonie n°6 de Mahler par le bouillant Salonen était très attendue et elle ne déçoit pas !

Salonen offre évidemment une vision de compositeur analytique. Le matériau orchestral est scanné par un musicien qui recherche les multiples portes de la modernité, tirant ostensiblement l’œuvre vers la klangfarbenmelodie.

Construite avec une rigueur et une logique supérieure, cette lecture parvient pourtant à dépasser la stricte analyse des notes pour emporter l’auditeur au cœur du drame mahlérien. Le travail sur les dynamiques, toujours explosives avec Salonen, rencontre  le soin apporté aux détails de l’orchestration et surtout aux transitions thématiques. La palette des nuances mise en évidence par le chef n’a de cesse de séduire l’auditeur.

La plastique du Philharmonia et sa précision technique légendaire permettent au chef d’offrir cette lecture pugnace mais toujours éminemment contrôlée. L’Andante est ainsi radiographié par des pupitres à la beauté mate et polaire dans une vision qui ne cède à aucunes facilités.

Evidement Salonen est plus un mahlérien « conceptuel » qu’un mahlérien humaniste, mais sa battue sait, encore et toujours, adjoindre au pure intellect le petit plus qui marque l’auditeur.

La discographie de l’œuvre est très très riche, mais aux côtés de Gielen (Haenssler) ou Boulez (DGG), cette lecture comblera les amateurs d’un Mahler qui regarde droit devant lui, sur les chemins aventureux et tortueux de l’avant-garde. On regrette juste une prise de son de concert, qui écrase un peu les couleurs de l’orchestre et éteint les dynamiques.