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Israel Galván dynamise le flamenco contemporain

débarrasse le flamenco du pittoresque pour mieux se concentrer sur l’humour et la virtuosité. Exit l’atmosphère enfumée et fiévreuse des tablao, le folklore andalou et le cercle de musiciens pénétrés. Reste un extraordinaire danseur, sec et osseux, dont le jeu de jambes lorgne plus du côté de Fred Astaire que de l’hidalgo. Entre Valentin le désossé et les acteur néoréalistes italiens, son interprétation pince-sans-rire et sa silhouette longiligne font sensation.

Peu à peu, les ingrédients déstructurés du spectacle se mettent en place. Pour accompagner la danse en solo, un piano contemporain aux cordes frappées et frottées et un cante jondo sobre et profond. Face à un piano jazz contemporain, qui tire l’ensemble de la proposition vers la modernité, la chanteuse andalouse chante comme si sa vie en dépendait. C’est souvent émouvant, parfois bouleversant. En écho, les bruitages corporels d’, véritable human beat box, font rejaillir rythmes et couleurs.

Le titre du spectacle évoque La courbe, le zapateado mythique de Vicente Escudero, qui dans une revue cubiste en 1924 aurait ainsi imité le bruit d’une pyramide de chaises tombant au sol. Des pyramides de chaises sont donc dispersées ça et là sur scène, mais le bruit de leur chute ne soulève pas d’intérêt sonore. Il en va également des nombreuses idées de mise en scène (plaques de bois, carré de farine au sol…) qui ne sont pas toujours des plus pertinentes ou innovantes. Le dramaturge sollicité pour ce spectacle aurait mieux fait de creuser l’une des belles images de ce trop long spectacle, une esquisse de tango dansée entre Israel Galván et Bobote, son fidèle compás.

Crédit photographique : Photo © Felix Vasquez