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À Genève, Foniadakis déhanche Haendel

Avec cette chorégraphie, le Ballet de l’Opéra de Genève aborde probablement le plus physique des ballets qu’il n’a jamais eu à danser. Artisan de cette performance, le chorégraphe grec qui s’entoure de la dynamique de la musique de Händel pour alimenter son propos.

Ainsi, quand débute le « Dixit Dominus », les danseurs apparaissent depuis le fond de la scène, entourés par un halo de brouillard, éclairés depuis derrière, d’abord marchant vers l’avant-scène, puis tout à coup se désarticulant en tous sens. Ils s’enfuient bientôt pour laisser place à d’autres danseurs qui reprennent le même manège. Ce qu’on pense être de l’énergie se traduit bientôt par de l’agitation.

Puis cédant soudain à ces désarticulations, les danseurs et danseuses s’arrêtent et lentement bâtissent des échelles humaines souvent esthétiquement très belles. Des arrêts sur images en contre-jour d’un bel effet. De pyramides de corps ressemblant à ces grands portails de fer forgé. Que veut-on raconter ? Rien probablement sinon montrer quelques canons de l’esthétique assez bien réussis mais dénués de l’émotion qu’on attend.

Quand la musique de Händel se fait plus mesurée, plus lente, on assiste à quelques beaux instants lorsque deux danseuses, l’une vêtue d’une robe de tulle noire, l’autre d’une même robe rouge vif dansent dans une parfaite synchronisation. De même, l’un des plus beaux moments de ce ballet reste sans doute cette danse aérienne d’une ballerine portée à bout de bras par trois puis quatre danseurs.

S’il faut saluer la performance technique du Ballet du Grand Théâtre de Genève, il faut cependant relever que la complexité de cette chorégraphie faite de mouvements très rapides montre sinon les limites techniques du corps de ballet genevois, du moins la nécessité de reprendre cette création pour que les ensembles soient mieux maîtrisés d’un point de vue de la synchronisation des mouvements.

Une heure de ballet qui laisse le public un peu sur sa faim en dépit des bravos intempestifs et hystériques de quelques fans. Une petite remarque : pourquoi diable faut-il que la bande sonore soit envoyée avec autant de force ? En dépit des rythmes des œuvres de Händel, il n’a certainement pas besoin d’être claironné avec les volumes sonores d’un concert pop !

Crédit photographique : © Vincent Lepresle

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