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Olivier Vernet joue de la Pop à l’orgue

nous propose une nouvelle fois un programme original qui s’écarte résolument du répertoire habituel de l’orgue à tuyau, tel que nous le connaissons en Europe. Après deux premiers albums très remarqués (Organ dances et Pasiòn chez Ligia), explorant déjà des chemins de traverse peu fréquentés, cette nouveauté apporte une pierre à cette approche assez inédite. Le ton est donné grâce au titre visible sur la pochette, évoquant une musique venue d’ailleurs, ornée de quelques notes de musique en plexiglas : le décor est planté !

Chaque plage est une découverte, les auteurs étant presque tous inconnus pour les mélomanes fidèles des concerts d’orgue. On imaginerait autrement les choses de l’autre côté de l’atlantique, tant ces inspirations demeurent profondément anglo-saxonnes. Encore que, par moment certains accents de Toccatas peuvent nous rappeler la France : Lefébure-Wély, Widor, Gigout ou Boëlmann ne sont pas si loin. Une telle musique, déployée sur un grand orgue tel que celui de Dudelange, trouve sa place comme enchantement. Cet orgue offre en effet tout ce que l’on peut attendre d’un orgue moderne, par ses possibilités techniques, déjà sans doute l’un des plus beaux témoins de ce que peut représenter aujourd’hui un orgue du XXI° siècle. Réussite incontestée, très prisée, à la mode, cet orgue occupe déjà une place importante en discographie, servant divers répertoires, et idéal pour l’improvisation, grâce à un toucher souple et des tirages de jeux pilotés par un programmateur très moderne.

est ici comme un poisson dans l’eau, abordant avec aisance ces pages, se jouant des rythmes déhanchés, des guirlandes virtuoses, des climats parfois « kitsch », tout un monde musical qui a fasciné les organistes français du début du XX° siècle, entrainant souvent une remise à niveau du style de nos grands instruments, par l’électrification, l’apparition de nouveaux jeux, de nouveaux plans, au service d’un orgue devenu mi-profane, mi-liturgique, sortant parfois de la cathédrale pour migrer vers la salle de concert.
Nous retrouvons aussi le climat des orgues de cinéma, au service d’images muettes, défilant sous les yeux des spectateurs, grâce à des improvisations très évocatrices, la Toccata in Boogie de John Kuzma en est un bel exemple, avec ses effets de machine à vapeur.

Décidément, le monde de l’orgue n’a pas fini de nous étonner et de nous fasciner, la surprise est souvent au rendez vous, au détour du chemin, comme ici. Pour nous décomplexer de l’orgue, instrument que l’on dit figé, rien de tel que l’écoute de ces plages pour changer de point de vue.

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