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Festival de solistes à l’Opéra Garnier

Comme In the night, dont il est le pendant diurne, Dances at a gathering de Jerome Robbins est une pièce légère et mélancolique.

Son alchimie comportementaliste repose en grande partie sur l’interprétation des danseurs, dans un équilibre subtil entre individualisme et collectif. La distribution de solistes réunie le soir de la Première sur la scène de l’Opéra Garnier est parfaitement équilibrée. Elle réserve en effet son lot de virtuoses et de personnalités affirmées.

Juvénile et souriante, irradie à chacune de ses apparitions. Le moelleux incomparable de Ludmila Pagliero valorise sa féminité épanouie et sereine. Plus torturée, Eve Grinsztajn incarne le côté sombre de ce rassemblement de danseurs. Quand à , encore une fois impériale, c’est avec aisance qu’elle s’intègre dans le groupe. Plus fade, ne ressort pas au milieu de ces figures féminines.
Les garçons sont servis par une chorégraphie de caractère, qui s’appuie sur les rythmes de la mazurka et de la valse sublimés par Chopin. Mathieu Ganio et brillent dans chacune de leurs variations, défiant la pesanteur dans les difficultés techniques. , égal à lui-même, est un partenaire solide et généreux, ses collègues et passant plus inaperçus.

Avec des accents de roman russe, l’intemporel Dances at a gathering met en scène des garçons impétueux et des filles romantiques, exaltant le sentiment amoureux et la sérénité d’une soirée de fin d’été.

Collectif et fortes personnalités encore pour Appartement de , qui réunit plusieurs étoiles charismatiques (Nicolas Le Riche, , José Martinez) et des solistes pleins de promesses. Le public adhère fortement (plus qu’au subtil et mélancolique Robbins) à cette collection de vignettes dynamiques sur la vie domestique. Une scénographie simple (des rideaux de scène qui se lèvent successivement), quelques objets symboliques et une musique efficace jouée en direct par le quatuor Fleshquartet, telles sont les recettes de ce ballet créé en 2000 par pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Quand à la danse, elle déménage ! Lignes brisées, élans suspendus, sauts carpés se suivent à un rythme soutenu, impulsé par les musiciens de Fleshquartet.

Dans ce portrait de la vie moderne et des couples d’aujourd’hui, certaines vignettes sont tout particulièrement marquantes. Ainsi, la stupéfiante gigue irlandaise de l’aspirateur, qui réunit cinq danseuses munies chacun d’un aspirateur traineau, emmenée par une remontée comme un lapin Duracell. Si les ensembles sont percutants, les duos ( et Jérémie Bélingard ou Nicolas Le Riche et ) émeuvent par leur intensité et leur simplicité. Nicolas Le Riche, qui fait ici son retour sur scène depuis sa blessure en décembre, est intensément présent, visiblement heureux de danser. A l’instar de toute la troupe, galvanisée par la présence dans les coulisses de , qui rejoindra les danseurs aux saluts.

Crédit photographique : Photos © Sébastien Mathé/Opéra de Paris. Dances at a gathering, de Jerome Robbins. et Jérémie Bélingard dans Appartement, de Mats Ek

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