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Gubaidulina en concerto

Créé en 2007, à Lucerne, par Anne-Sophie Mutter  et Simon Rattle, le second concerto pour violon de la compositrice (après Offertorium en 1980), connaît ici son deuxième enregistrement après celui de sa créatrice-dédicataire (DGG).

Commande de la Fondation Sacher, cette pièce est assurément l’un des grands chefs d’œuvres des années 2000 et l’une des pièces majeures du violon contemporain. Les longues phrases du violon répondent à une masse orchestrale imposante et lugubre (pas de violons dans l’orchestre), parsemée des notes acides et glaciales du claveçin ou du celesta amplifié et traversée de lourdes déflagrations orchestrales. La pièce se situe dans un héritage soviétique et russe, on pense à la tension suffoquante d’un Chostakovitch ou au pessimisme morbide d’un Schnittke. La partie soliste, n’économise pas le concertiste, constament solicité, au long de la demie-heure de ce Concerto. La partition semble taillée sur mesure pour la technique sans faille et la hauteur de vue de , superbement accompagné par l’, dirigé par .

Le changement de ton est brutal avec le (long) Glorious Percussions concerto pour ensemble de percussions et orchestre, créé en 2008 et presque exactement contemporain d’In Tempus Praesens.  La compositrice s’intéresse particulièrement aux percussions au point de leur consacréer plusieurs pièces, depuis les années 1960.  Le travail sur les couleurs et les alliances de timbres des instruments de l’ensemble Glorious percussions  est d’une beauté froide, mais la pièce, victime d’une structure diluée, peine à s’imposer sur la longueur. Le temps semble à plusieurs reprises suspendu au fil des rêveries de percussions. L’orchestre, acteur du concerto pour violon, devient ici un spectacteur, ponctuant de temps à autre, les échanges entre percussions. L’interprétation est irreprochable, mais cette partition ne dépasse pas un esthétisme chic mais quelque peu ennuyeux.

Ce disque est assez inégal mais la performance de , mérite à elle seule, l’acquisition de ce disque, ne serait-ce que pour découvrir un chef d’œuvre musical.

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