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Musique de chambre à l’état pur

Une exécution vraiment exhaustive et convaincante, exaltant toutes les potentialités de ces chefs-d’œuvre que sont les 10 Sonates pour violon et piano de Beethoven, nécessite impérativement des interprètes d’exception non seulement du plus haut niveau, mais qui soient en même temps des chambristes accomplis de longue date. Et c’est bien le cas des deux admirables musiciens tchèques (1929-2011), violon, et (1922-1999), piano. La réédition de ces précieux enregistrements honore à juste titre un violoniste hélas récemment disparu et très regretté, mais qui bien que modeste et discret n’en est pas moins l’un des tout grands de notre temps : ainsi le violoniste qui, rappelons-le, est l’arrière-petit-fils d’Antonín Dvořák et petit-fils du compositeur Josef Suk, a bien mérité de sa prestigieuse famille.

Lorsque et entamèrent en 1966 leur enregistrement intégral des Sonates pour violon et piano de Beethoven, ils avaient à affronter divers duos souvent plus illustres qu’eux, mais aux réalisations plus ou moins heureuses : Kreisler-Rupp, Makanowitzky-Lee, Menuhin-Kentner, Schneiderhan-Kempff, aux gravures souvent contestables sinon anciennes ; celles de Francescatti-Casadesus et Oïstrakh-Oborine, qui tout admirables qu’elles soient, se révèlent parfois inégales. Enfin il y a l’interprétation à part, miraculeuse, d’ et , qui semble vraiment intemporelle, malgré l’ancienneté de la prise de son mono.

Avec Josef Suk et Jan Panenka, nous touchons aux mêmes sublimes sommets que ceux atteints par le duo Grumiaux-Haskil, avec en prime le respect de toutes les reprises et l’avantage non négligeable d’une remarquable et toujours actuelle prise de son stéréo : les musiciens tchèques forcent l’admiration par leur respect du texte, de l’évolution stylistique de ces œuvres merveilleuses dont la composition s’étale entre 1797 et 1812, et ils nous en offrent une interprétation d’une perfection instrumentale sans faille et d’une rare homogénéité de jeu et d’esprit, vigoureuse lorsque nécessaire, de la plus pure poésie dans les moments de profond lyrisme.

Nous tenons là une superbe version de référence qui n’a guère perdu de son prestige, ni été approchée par les gravures qui lui ont très vite succédé, comme celles de Menuhin-Kempff et même de Perlman-Ashkenazy pourtant de très haut niveau.

Et comme le tout nouveau transfert en CD, de 2011, a été accompli par l’ingénieur du son Jan Lžičař de manière impeccable et très respectueuse des bandes analogiques originales, il n’y a pas à hésiter ! …

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