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Intégrale des symphonies de Brahms par Gustavo Dudamel

La Symphonie n° 3 de Brahms dans laquelle on a traditionnellement vu la devise du compositeur « Libre mais joyeux » (froh aber frei) bâtie sur les notes fa-lab-fa, inaugure le premier des deux concerts dédiés à l’intégrale des symphonies du Maître allemand. C’est à la baguette de d’accomplir la tache tant ambitieuse quant ardue de restituer à cette musique sa beauté sauvage. Dans Brahms la difficulté réside en fait, dans la recherche d’un juste équilibre entre le goût de la forme et de la construction classique et la passion romantique. Un équilibre que Dudamel n’arrive pas toujours à trouver se laissant emporter par la chaleur du lyrisme brahmsien et par son élan romantique.

Dès le début de cette symphonie on se rend compte de la veine héroïque que le chef insuffle à l’orchestre au détriment, parfois, des architectures sonores. En fait l’éloquence des trois accords initiaux aux vents ne créent pas vraiment la tension de laquelle jaillira le premier thème aux violons tout comme le deuxième thème exposé à la clarinette est probablement trop douce et tendre. Cela n’entame en rien le travail de l’orchestre, sa recherche de volume sonore et la richesse des nuances. À la beauté farouche du deuxième mouvement suit le lyrisme plein de nostalgie du Poco allegretto caractérisé par un superbe solo du cor. Le dernier mouvement est très énergique et vigoureux ; les nombreux changements de tempi et d’atmosphère mettent en évidence à la fois la maîtrise de la partitions de Dudamel et son approche personnelle.

La Symphonie n° 1 confirme la veine lyrique du chef d’orchestre. La tension de l’incipit tourmenté est soulignée par l’intervention ponctuelle des timbales. L’inquiétude de ce premier mouvement se dissout dans l’inspiration du deuxième mouvement souligné par un cantabile instrumental très charmant et un solo inattendu du violon. Sommet de cette symphonie, le dernier mouvement laisse émerger le talent coloriste de Dudamel et la liberté qu’il prend parfois avec le rythme. Le thème des cors évoquant des paysages alpins, la très belle phrase cantabile des violons sanctionne le succès du directeur et d’un orchestre sans doute à la hauteur d’un des plus grands Maîtres de l’orchestration de l’histoire de la musique.