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Cycle Debussy au Musée d’Orsay

Dans le cadre de l’exposition présentée au Musée de l’Orangerie sur Debussy et les arts, deux jeunes artistes italiens ont proposé un plaisant récital. Il est bien improbable que Debussy ait jamais eu connaissance des compositions de Wagner, de Nietzsche et de Schoenberg données en première partie. Pas de révélation, d’ailleurs, dans ces raretés, souvent des œuvres de jeunesse : sans doute la ballade des Deux grenadiers, traduite de Heine, est-elle expertement agencée par Wagner, mais son Méphistophélès en goguette manque d’ampleur. Les pièces de Nietzsche, on le sait, sont fades, celles de Bizet ne sont pas des plus frappantes, et l’opus 1 de Schoenberg souffre d’une ambition pas totalement maîtrisée et d’un poète abscons. Ce qui est sûr, c’est que l’alchimie créée par Debussy n’en paraît que plus extraordinaire, et c’est peut-être là qu’il faut chercher la cohérence de ce programme.

Formant un duo depuis cinq ans, et sont déjà expérimentés dans le domaine de la mélodie et du lied, comme en témoignent les cycles présents à leur répertoire. Il faut saluer leur entente, la façon qu’a la pianiste de donner à la voix une réponse efficace et signifiante sans être envahissante. L’autre objet de satisfaction est l’énergie que mettent les artistes à interpréter leur programme. Ils savent mettre à profit l’humour truculent de la Chanson de la puce ou de la Ballade des femmes de Paris, ils savent aussi trouver l’émotion, exacerbée chez Schoenberg ou retenue chez Bizet, ou encore le pittoresque du Faune. La volonté de souligner la modernité du style de Debussy entraîne parfois vers une forme d’affectation, une ligne peu naturelle et un timbre émacié. Néanmoins, le baryton peut se prévaloir d’une voix fine mais bien projetée et d’une grande capacité expressive. Et puis on peut apprécier le charme particulier d’une nasalité que le français confère souvent aux chanteurs étrangers qui prennent la peine de bien prononcer cette langue. Deux bis ont conclu la soirée de façon réjouissante, une autre Chanson de la puce, cette fois par Beethoven, et une célébration du dolce farniente par Carl Loewe.

Crédit photographique : Bruno Taddia © Bruno Taddia

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