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Le duo de clavecins Hantaï Sempé au service des opéras de Rameau

Redécouvrir les opéras de Rameau sous les doigts de deux grands maitres du clavecin est une expérience peu banale.

En effet, comment deux instruments aussi intimes pourraient rendre compte d’une musique aussi riche et bouillonnante ? Eh bien si justement. Et ce disque en est la preuve. Depuis leur création, les opéras de Rameau ont bénéficié immédiatement de transcriptions pour clavier, parfois de la main même de leur auteur. Par la suite de nombreux autres compositeurs ont su retirer de cette musique de génie de nouvelles lectures passionnantes. Tout comme chez Bach, la musique de Rameau se prête en effet à toutes sortes de remises en timbres et en espaces. La rencontre au sommet entre et nous y aide grandement, par la judicieuse confrontation de leurs personnalités. Dès l’ouverture des Indes galantes, une impulsion primordiale est donnée à ce disque, grâce à la célèbre ouverture des Indes galantes, qui nous entraine dans l’intimité de la musique de Rameau, même quand celle-ci est festive et tournée vers un large public.

Le choix des clavecins, magnifiquement conçus par Laurent Soumagnac et Philippe Humeau, également captés de belle manière, sont des éléments précieux pour nous faire pleinement apprécier toutes les subtilités d’un discours audacieux et résolument tournée vers l’avenir. Cela explique sans doute pourquoi cet auteur parait encore si familier à nos oreilles modernes, comme Bach : on y revient !

A ces opéras transcrits, s’ajoutent quelques extraits des fameuses Pièces en concerts, fonctionnant sur le même principe de l’adaptation musicale. Nous y retrouvons quelques accents connus, dont La timide, évoquant comme nulle autre, cet état d’âme particulier, par un thème qui tourne en rond, sans vouloir s’affirmer vraiment, on imagine un personnage n’osant pas s’avancer : une pièce magique.

D’autres moments de ce disque sont des morceaux de bravoure, étincelants au possible, dont cette ouverture tellurique de Pygmalion, ou les fracassants Sauvages des Indes galantes. Le jeu des interprètes fait merveille, comme toujours, nous ayant déjà habitué à une telle aisance et une finesse de style hors du commun.

En réduction donc, mais pas musicale, voici en un disque le résumé idéal de l’art opératique de .

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