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Gustavo n’a toujours peur de rien

aime les défis spectaculaires. Il a ainsi initié et assuré, la saison dernière, une intégrale des Symphonies de Mahler, à la tête de ses deux orchestres  étasunien et vénézuélien.  Le clou du spectacle était inévitablement la Symphonie n°8 de Mahler. Associant, dans une avalanche de bons sentiments, la fougue des jeunes instrumentistes latinos, à la rigueur cool des musiciens du Los Angeles Phil, cette interprétation avait été diffusée, en direct, dans des cinémas du monde entier.

Bien évidemment, le charisme  naturel et le solide bras du Dudamel sont à leur affaire dans cette partition de chef. Le jeune homme arrive à imposer une force d’ensemble à cette lecture portée par un souffle indéniable. Loin de ses Beethoven de grand-père arythmique et de son Brahms de bronchiteux, Dudamel évolue naturellement dans cette musique démonstrative. La performance des deux orchestres est solide et les troupes sont attentives aux sollicitations de leur général.  Du côté choral, le bonheur n’est pas au rendez-vous. Comme souvent, avec les concerts de Dudamel, on n’économise pas les participants et le chef convoque le ban et l’arrière ban des jeunes forces chorales du Venezuela.  La masse est impressionnante avec plus de 1000 chanteurs, mais la cohésion et la précision laissent plus qu’à désirer en dépit de l’enthousiasme débridé ces jeunes gens. Du côté des solistes, on évolue dans un genre très professionnel, mais manquant de génie.

L’image est spectaculaire, avec ses gros plans répétitifs sur cette montagne de chanteurs et l’on assiste tout de même à un moment humain et musical émouvant. Cependant, la discographie est trop riche et trop qualitative pour considérer cette lecture comme l’une référence. En DVD (et rien qu’en DVD) , on en reste à : Leonard Bernstein (DGG) et Riccardo Chailly (Accentus) en attendant la prochaine arrivée d’une lecture de Mariss Jansons (RCO Live).

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