ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Opere serie de Pergolesi : Coup de cœur

Les opere serie de Pergolesi semblent enfin intéresser les éditeurs de musique baroque. On se souvient d’une intégrale récente de L’Olimpiade parue l’année dernière chez Deutsche Harmonia Mundi, sous la baguette d’Alessandro de Marchi, ainsi que, en 2011 également, de la sortie d’un intéressant DVD/Blu-ray rendant une représentation d’Adriano in Siria captée à Jesi, la ville natale de Pergolesi. Si La Salustia reste à redécouvrir, on pourra trouver également un album de CD plus ancien remontant à 1998, présentant l’ouvrage sérieux Il Prigionero superbo couplé comme il s’avait été lors de sa création avec un intermède buffo appelé à faire date et à marquer un véritable jalon dans l’histoire de l’opéra, La Serva Padrona

C’est dire que les opere serie de Pergolesi, même si l’on commence à les reconsidérer, restent encore peu connus du grand public, et c’est pourquoi on saluera avec d’autant plus d’enthousiasme la parution de ce CD récital consacré aux plus beaux airs des opéras en question.

Paradoxalement, ce sont presque les passages orchestraux qui remportent le plus l’adhésion, autant pour l’écriture symphonique de Pergolesi – savante, subtile et toujours enlevée – que pour la vivacité et la virtuosité de l’interprétation du Concerto de’ Cavalieri sous la baguette alerte et experte de . On en redemanderait presque, phénomène plutôt rare dans un récital de musique vocale ! La partie chantée est en effet un peu moins satisfaisante, malgré la force de conviction dont sait faire preuve la contralto . Virtuose jusqu’au bout des ongles, dotée d’une voix longue, souple et puissante, l’interprète ne dispose pas toujours de la palette de couleurs vocales qui aurait été nécessaire pour varier davantage l’expression et pour mieux différencier des airs qui, dans l’exercice conventionnel du CD récital, finissent par se ressembler. De surcroît, l’instrument n’est pas sans quelques faiblesses, surtout dans les changements de registre, ou sans quelques raucités dans le timbre. On aurait également souhaité plus de pages introverties et moins d’airs à la vocalisation rapide.

Il n’en reste pas moins que cet appréciable avant-goût des beautés pergolésiennes redynamisera l’intérêt pour un compositeur dont on a eu bien tort de négliger jusque-là l’œuvre dramatique dans le registre serio.