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Dispensable Telemann avec Lara Hall

Puisqu’en 1723, elles n’ont pu engager « le meilleur » (), les autorités municipales de Leipzig ont finalement confié le poste de Kantor de la Thomaskirche au « médiocre » Johann Sebastian Bach. Près de trois siècles plus tard, l’anecdote fait à juste titre sourire. Multi-instrumentiste autodidacte, Telemann aurait composé plus de 6000 œuvres –dont une grosse moitié a été cataloguée à ce jour – qui, avec le recul historique, sont loin de soutenir la comparaison avec celles de Bach (ou Zelenka, actif à la cour de Dresde). En l’occurrence, les Douze Fantaisies pour violon seul composées une quinzaine d’années après les Sonates et Partitas du « médiocre » Jean-Sébastien sont à considérer, au mieux, comme un exercice de style réussi mais sans grande ambition musicale.

La violoniste néo-zélandaise nous propose une lecture joliment vivante de ces pièces qu’elle choisit de jouer sur instrument moderne armée d’un archet baroque. L’articulation est conforme à l’idée que l’on se fait d’une interprétation « historiquement informée » (dans les limites de la sobriété) et les aigus sont aussi clairs que la technique est propre. Reste que la sonorité des cordes graves de son instrument (sol – ré) n’est pas la plus agréable qui soit, que les influences et allusions au style italien ou à la musique populaire ne sont pas soulignées comme elles le devraient et que, au final, les pièces semblent déroulées de manières plutôt monochromes. Sans que l’on puisse objectivement rien lui reprocher, Hall paraît ne se poser aucune véritable question sur le texte et manquer de… fantaisie ! Au terme d’une audition sans heurts, rien ne reste. Un disque qui s’oublie aussi facilement qu’il ne s’écoute.