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Avantage aux garçons pour le Tricentenaire de l’école française de danse

Les élèves danseurs masculins de l’école de danse de l’Opéra de Paris tirent tout particulièrement leur épingle du jeu au cours de la soirée concoctée pour fêter le Tricentenaire de l’école française de danse. Trois ans après sa fondation par Louis XIV, lui-même danseur émérite, une preuve éclatante de ce que le style français a permis aux hommes d’accomplir.

La soirée démarre par une création, intitulée « D’ores et déjà ». , danseur de la compagnie et chorégraphe contemporain et , maîtresse de la danse baroque en France, ont conçu ce ballet à quatre mains. C’est une réussite ! Gestuelle et technique baroque, mais gestion de l’espace et dramaturgie contemporaine, forment le cocktail harmonieux concocté pour les danseurs masculins des 1ère, 2ème et 3ème divisions de l’école. Virtuoses, soudés, ils se glissent avec bonheur dans cette composition qui ne manque pas de clins d’œil aux tableaux des XVIIème et XVIIIème siècles que les deux chorégraphes ont regardé ensemble au Louvre.

Le contraste est d’autant plus grand avec « La nuit de Walpurgis », ballet de moindre intérêt chorégraphique, conçu comme un divertissement au Faust de Gounod. Pure démonstration de technique classique pour les élèves féminines, il ne les met pas en valeur. Il réserve même des parties solistes particulièrement ennuyeuses, qui ont pour unique objectif de montrer la solidité de ces jeunes filles, mais point leur âme d’artiste.

Rigueur et décontraction ensuite pour « Aunis », le merveilleux trio masculin de interprété avec fraîcheur par Marin Delavaud, Julien Guillemard et Pablo Legasa. Epaulés par deux accordéonistes hors pair, ils sont pleins d’allant et de grâce. Un bel hommage à cet ancien danseur du Ballet qui fut compagnon de route artistique de Brigitte Lefèvre, directrice du Ballet de l’Opéra national de Paris.

La soirée s’achève avec « Péchés de jeunesse », un ballet balanchinien de qui met en valeur les danseurs masculins et féminins avec délicatesse. Lumières douces, costumes seyants, chorégraphie fluide, tout ce qui faisait défaut à « La nuit de Walpurgis » montré précédemment. Mais une fois encore, les garçons ressortent avec plus d’éclat et de fougue de l’exercice, témoignant de la pérennité et de la vitalité du style français. Curieusement, les filles, qui font preuve d’une plus grande maturité scénique, sont aussi plus ternes. Citons néanmoins les deux solistes, Roxane Stojanov et Clémence Gross, qui s’en tirent avec les honneurs. Au fil du ballet, tous les jeunes danseurs prennent néanmoins confiance, réalisant de véritables prouesses dans un final éblouissant.

Malgré leur jeunesse, le spectacle offert par ces jeunes danseurs pour le Tricentenaire est d’un niveau professionnel, tout comme celui de l’orchestre des lauréats du Conservatoire, qui leur font écho dans la fosse.

Crédit photographique : © Sébastien Mathé et Francette Levieux pour le Ballet de l’Opéra national de Paris