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Alexandre Astier, Que ma joie demeure, avec aisance

On connaît surtout comme auteur, réalisateur et acteur de la série télévisée devenue culte Kaamelott (2005-2009). Depuis la création en 2012 de Que ma joie demeure ! au Théâtre du Rond-Point, spectacle sur , le public a également découvert ses talents musicaux. Le comédien est en effet passé dans sa jeunesse par le Conservatoire de Lyon (CRR) puis par l’American School of Modern Music, l’admiration pour le Cantor de Leipzig l’ayant poussé à imaginer ce spectacle assez audacieux étant donné l’image plutôt austère et intimidante qui colle au compositeur.

Pour cette reprise à la Cité de la Musique, c’est avec des béquilles qu’ assure les représentations, du fait d’une fracture au pied. Le spectacle n’en pâtit pas et le public reste captivé et amusé par le ton volontairement décalé du comédien en Bach à la fois professeur de solfège expliquant entre autres l’art du contrepoint, compositeur témoin de l’exécution de ses œuvres ou disséquant le processus de composition, père de famille confronté aux difficultés de la vie, ou tout simplement homme en proie aux doutes de l’existence.

Si le spectacle souffre à notre goût de quelques longueurs, de scènes comiques tombant parfois un peu à plat, on admire la capacité de l’artiste à passer d’un registre à l’autre, de montrer son aisance à la fois au clavecin et à la viole de gambe, de rendre accessible et ludique des explications musicales qui pourraient au premier abord rebuter le néophyte. Par son sens de l’imagination, son talent de vulgarisateur, l’art du second degré, Alexandre Astier réussit à ôter de son piedestal sans sacrifier le propos musical, une prouesse rare de la part d’un artiste complet et brillant qui ne cesse d’étonner.

Crédit photographique : Alexandre Astier/Que ma joie demeure ! © Giovanni Cittadini Cesi

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