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Le Quatuor Tetzlaff célèbre les quatuors à cordes de Sibelius et Schoenberg

Un foisonnement artistique sans pareil. Tel nous apparaît la grande aventure musicale du 20e siècle marquée par une série d’esthétiques fort différentes les unes des autres et cependant contemporaines. Passé le temps des écoles, des coteries, des jalousies, des sectarismes, la génialité de créateurs quasi-voisins s’impose d’évidence et démontre la richesse de la création humaine.

Ainsi la présentation de deux quatuors à cordes à quelques mois d’intervalle ne doit plus choquer ni rebuter. Celui du Finlandais de dix ans plus âgé que l’Autrichien Arnold Schönberg date de 1909 soit cinq années après celui du père de l’atonalité. Les deux œuvres si passionnantes et si originales justifient et méritent une attention d’égale perspicacité.

Le Quatuor en ré mineur de Sibelius en cinq mouvements, seule œuvre de musique de chambre d’importance de sa maturité développe un univers personnel, intense, ténébreux, presque romantique, bien qualifié par son sous-titre « Voce intimae » dont la source se trouve dans le troisième mouvement, Adagio di molto.

Le chef -œuvre de Schönberg en un seul mouvement s’affranchit partiellement de la tonalité psychologique du passé et de nombreuses règles pour mettre en place les bases d’un monde atonal, non sentimental, axé sur de courtes cellules, sur une nouvelle recherche de timbres et de rythmes. Créé à Vienne par le fameux Quatuor Rosé le 5 février 1907, il provoqua un scandale tout en recevant les suffrages de Gustav Mahler présent.

Les préférences et les débats persisteront, sans obligatoirement s’exclure, mais amèneront les observateurs à admettre qu’on n’en a jamais fini avec les génies. De telles partitions exigeantes ne peuvent se passer des meilleurs interprètes. Nous sommes ici comblés par le déchiffrage (au sens premier de décryptage!) éblouissant du , une précieuse formation mise sur pied en 1984. Le distingué , violoniste et chef d’orchestre, entouré de trois femmes (dont son épouse Tanja, violoncelliste) brillantes et rayonnantes, mène sa formation de main (doigts ?) de maître. Son Quatuor s’est produit dans de nombreuses salles de par le monde et a été qualifié par La Nazione (Florence) en janvier 2000 « d’un des ensembles de musique de chambre parmi les plus fascinants. » On lui doit cette admirable et stimulante confrontation musicale. A saisir !

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