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Études de Chopin selon Jan Lisiecki

Après les Concertos pour piano n° 20 et 21 de Mozart, signe un deuxième disque pour la firme allemande : Les 24 Études de Chopin.

se lance un défi dans ce pari difficile à seulement 18 ans. Quand on sait que chez Deutsche Grammophon, la dernière intégrale des Études de Chopin a été publiée par un certain Maurizio Pollini au début des années 1970, on comprend l’ampleur du projet.

Ce qu’on remarque tout de suite, c’est une interprétation qui semble assez détachée, avec très peu du fameux rubato, surtout dans la première série. Pour les adeptes du grand romantisme, cela peut sonner froid. Par exemple, Lisiecki joue l’op. 10-6 (en mi bémol mineur) d’une manière constante, sans oscillation du tempo, de même pour les pièces avec des mouvements rapides de la main droite (op. 10-4, 10-8). Mais derrière cette « froideur » apparente que l’on peut ressentir dans l’opus 10, se cache une sensibilité incontestable. Écoutons la série de l’opus 25, notamment en fa mineur (n° 2), ou en sol dièse mineur (n° 6), ou encore en ut dièse mineur (n° 7) : le pianiste ne traite-t-il pas chaque pièce comme un conte à narrer ? Puis, à partir de la Neuvième Étude de l’opus 25, il avance tout droit vers le dénouement. Au passage, la quasi-absence de pédale dans le si bémol mineur (n° 10) surprend quelque peu. Et la « douceur » du début de l’ut mineur (n° 12) intrigue, mais c’est pour mieux exprimer l’ouverture à la fin, tandis que l’autre ut mineur (op. 10 n° 12) est entièrement dominée par la fureur.

Le livret nous apprend que sa méthode d’enregistrement consiste à jouer toujours entièrement le morceau, sans aucune coupure. Cela dénote certainement le respect qu’il porte au texte, et la musique devient ainsi plus humaine : Jan Lisiecki ne cherche visiblement pas à être parfait et laisse apparaître quelques imperfections, ce qui modifie notre vision de ce genre de surhomme que l’on appelle pianiste.

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