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L’ensemble Soundinitiative à l’Institut Culturel Italien de Paris

Jeune, talentueux et regorgeant d’énergie, l’ était invité dans les somptueux locaux de l’Institut Culturel Italien rue de Grenelle pour donner un concert qui faisait l’ouverture de leur quatrième saison. Ce collectif de onze musiciens très actif aime s’impliquer dans des projets cherchant à bousculer les habitudes du concert traditionnel et à instaurer une nouvelle qualité d’échange avec le public. Il vient tout juste d’être retenu, à côté de trois autres jeunes ensembles internationaux, pour participer à la quatorzième édition des Cours d’été de Darmstadt en 2014.

Le programme de ce soir était résolument italien ou affilié à l’Italie puisque l’oeuvre vocale Strofa 2b du regretté est écrite d’après un poème de l’écrivain italien de la Renaissance Matteo Maria Boiardo. On débutait tout en douceur et en finesse avec Journal romantique – mélologue sur des textes d’Eugène Delacroix (1998) de . Passionné par les rapports texte/musique, le compositeur instaure ici des correspondances quasi synesthésiques entre le texte parlé – Fabienne Séveillac fascinante – et les sonorités des trois instruments qui sertissent la voix. Imaginary Islands (1992) d’ est une pièce radicale et ardente. La forme génératrice est celle de l’arc qui se tend au maximum puis se relâche; la flûte – Paolo Vignaroli impressionnant – ombrée par la clarinette de Szymon Kaça projette une énergie toujours réamorcée dans une tension de l’écoute permanente. Autre compositeur trop vite disparu, considérait le son comme « matière où s’immerger ». Porté par le courant spectral et les recherches sur la saturation du son, il dédie Domeniche alla periferia d’ell’imperio à ses deux maîtres à penser que sont Hugues Dufourt et Gérard Grisey. Dans un mouvement circulaire et organique au sein duquel les quatre timbres fusionnent, le son est porté à l’incandescence en une sorte de transe quasi érotique. Le compositeur strasbourgeois avait 17 ans lorsqu’il débute la composition de Strofa 2b. La voix souvent laissée à nue est relayée par une partie instrumentale virtuose – en vedette – déployant un espace sonore vertigineux. On est sidéré par la sûreté du trait et la fulgurance sonore d’une musique éminemment émotionnelle.

Pianiste de Soundinitiative, est aussi compositeur, lauréat de l’Accademia di Santa Cecilia de Rome. Il est en résidence à l’Institut culturel italien pour l’année 2013; il était au piano, ce soir, pour donner en création française Dàimones, une commande de la Biennale de Venise. Le titre fait référence à la maxime socratique: « [conduis-toi] selon ton propre démon ». Si la pièce est dûment écrite, exploitant divers rapports rythmiques, timbriques et énergétiques entre les trois instruments en synergie, le geste compositionnel a la spontanéité de l’improvisation et fait passer un courant extraordinaire entre la scène et le public.

La soirée se terminait brillamment avec les deux courtes pièces vocales de , compositeur italien et professeur de composition au CNSM de Paris. Le poète italien ici convoqué, Giuseppe Ungaretti, a écrit ses deux poèmes en français. Fantasque et ludique pour le premier, étrange et parodique pour le second; telle est la vision qu’en a Gervasoni dans ses deux mélodies où les instruments répercutent l’énergie des mots chantés. Les six musiciens réunis sur scène donnaient à ces deux miniatures leur caractère elliptique autant que théâtral.

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