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Etude sur les festivals à l’échelle internationale

Dans le prolongement de deux études parues antérieurement (Les nouveaux territoires des festivals, 2007 et Les publics des festivals, 2010), le présent ouvrage, également dirigé par , Directeur de recherche au CNRS (ici en collaboration) constitue la version écrite d’un colloque international organisé par France Festivals et s’étant tenu à Lille en novembre 2013. Cette rencontre portait sur les résultats d’une gigantesque enquête sociologique menée en 2012 auprès de trois cent quatre-vingt-dix festivals de musique répartis en Europe (essentiellement en Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Norvège, Suède et Suisse) et au Québec. L’ouvrage, de lecture assez longue et aride, s’articule autour de deux parties : d’une part, la présentation des résultats et l’analyse de cette enquête à proprement parler, d’autre part quelques monographies consacrées aux festivals dans différents pays (axées notamment sur les particularités locales, les modes de financement, les nouveaux enjeux depuis 2008 dans un contexte de crise).

Un grand nombre de données ne seront guère des surprises aux yeux du lecteur connaissant ou s’intéressant au secteur culturel. Les graphiques, tableaux de données chiffrées (moyennes, médianes) permettent cependant d’affiner, de relativiser ces informations. Mais les données sont très tributaires du genre musical, ce qui tempère de notre point de vue l’intérêt de cette synthèse. Peu de points communs en effet entre par exemple les Rencontres Musicales de Vézelay, les Eurockéennes de Belfort et Jazz à Montréal, que ce soit en terme de public, d’audience médiatique, de mode de financement, de ressources humaines… On apprend néanmoins que près de la moitié des festivals étudiés se déroulent en dehors de la période estivale, que la tendance est à la programmation musicale multi-genre (et pouvant également inclure du théâtre, de la danse) et à l’étalement dans le temps (festivals proposant par ailleurs au cours de l’année des rendez-vous musicaux, pédagogiques…), que le public est majoritairement d’origine locale ou régionale. On observe par ailleurs une fragilisation des ressources financières (qui reposent pour 45% en moyenne sur des subventions publiques, provenant surtout des collectivités territoriales) et le développement corollaire des coopérations, mutualisations entre festivals, ainsi que le flou de plus en plus net existant entre les festivals à proprement parler et des évènements qui se rapprochent plus d’une offre culturelle permanente (une tendance à la « festivalisation généralisée »).