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Retour en amazone de Catherine Diverrès à Chaillot

Plus de vingt ans après Tauride, retrouve la guerre, les femmes et la tragédie grecque dans cette adaptation de Penthésilée, la pièce de . Un projet né de la rencontre de la chorégraphe avec des danseuses de 40 ans devenues mères, qui l’a conduite à s’interroger sur la façon dont on pouvait être à la fois artiste, femme et mère.

Le spectacle est divisé en trois parties assez distinctes. La première met en scène l’amazone guerrière et combattante, qui défait les hommes au fil de l’épée, juchée sur un cheval. Robes de satin noir et fleurets mouchetés animent une partition déchaînée pour ces femmes implacables combattantes, sans aucune pitié pour leurs victimes. La danse y est furieuse, ample et maîtrisée, tant pour les danseuses que pour les danseurs qui les accompagnent. On y retrouve intacte l’énergie des plus grands spectacles de la chorégraphe, comme Stances ou Voltes.

La seconde partie laisse la place à la « guerrière de l’amour », cette femme amoureuse soumise aux cohabitations domestiques, en robe à fleurs et saynètes drôles et kitsch.

Une troisième et dernière partie, consacrée au travestissement et au théâtre, pousse encore plus loin ce principe de danse théâtre. Emaillée d’extraits de la pièce de , elle éclaire le texte d’un éclat nouveau. Elle met aussi en valeur la compagnie de , riche de nationalités multiples et d’une grande diversité de caractères.

Robes longues, talons hauts, cheveux détachés, saynètes domestiques et humoristiques, rapports femmes/hommes, beaucoup des ingrédients de ce spectacle fort et puissant font de Catherine Diverrès une Pina Bausch française, héritière de la danse théâtre à l’allemande. Riche de cet héritage et de cette diversité, Penthésilées… est un remarquable spectacle qui replace Catherine Diverrès sur les premières marches du podium de la chorégraphie française.

Crédit photographique : © Caroline Ablain