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Daniel Dobbels explore la mémoire du Théâtre de Chaillot

A travers ce projet de spectacle, précédé d’une déambulation dans les lieux méconnus ou oubliés du théâtre, a voulu rendre hommage au Palais de Chaillot où sa compagnie est accueillie en résidence depuis 2012. Il sonde ainsi la mémoire d’un palais construit pour l’exposition universelle de 1937, qui abrita le siège de l’ONU à partir de 1946, puis de l’OTAN dans les années 50, mais surtout du théâtre dirigé par Jean Vilar, Antoine Vitez ou Jérôme Savary. En écho aux nabis (Vuillard, Bonnard, Roussel) accrochés dans le sous-foyer, le chorégraphe a choisi des partitions de (mort en 1937, année d’inauguration du Palais de Chaillot) pour soutenir sa danse lente et nostalgique. En émaillant le spectacle de poésies et de textes qui évoquent les grandes heures du Théâtre National Populaire, il en évoque le destin théâtral. Prolongeant la déambulation, de longues séquences filmées en noir et blanc explorent le lieu sous d’autres angles, souvent inédits : l’escalator le plus ancien de France, le sous-foyer, la salle des Quatre colonnes ou un vestiaire enserré de miroirs.

Pour incarner cette histoire encore fraîche, il a fait confiance à neuf interprètes, dont certaines jeunes danseuses aux silhouettes classiques. Dans les ensembles, qui sont fort nombreux, on a parfois le sentiment de voir une classe de Ballet Junior ou de Conservatoire national supérieur ! Les deux danseurs, plus singuliers, tirent davantage leur épingle du jeu en insufflant de l’étrangeté et de la surprise dans cet exercice un peu convenu. L’absence d’écriture chorégraphique collective et son manque de correspondance avec les différentes atmosphères de la musique de Ravel sont déconcertantes. Le spectacle ne fixe aucune limite temporelle et ne suit aucune dramaturgie, ce qui rend l’ensemble trop neutre, incolore et insipide, assez vain. A l’issue d’un an de résidence, on aurait espéré une rencontre plus féconde entre le chorégraphe, sa compagnie et ce lieu symbolique du 20ème siècle.

Crédit photographique : © Jean Couturier