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Britten par le Chœur du King’s College

La notice rappelle les nombreux liens qui existèrent entre Britten et le Chœur du King’s College de Cambridge, fondé par Henri VI en 1441. Elle rappelle aussi le talent du compositeur pour choisir ses textes. Le Saint-Nicolas (1948) est dû à Eric Crozier, associé à tous les projets depuis Peter Grimes. L’Hymne à Sainte-Cécile (1942) fut écrit spécialement pour Britten par W. H. Auden. Enfin, Rejoice in the lamb (1943) utilise un poème des plus fascinants, dû à un poète mystique et aliéné du XVIIIe siècle, Christopher Smart.

Dans ces trois chefs-d’œuvre, les garçons et les jeunes hommes du King’s College sont dignes de leur réputation. Relevé d’une touche typique de doux-amer, le chant se déploie avec force et clarté dans l’acoustique assez réverbérée de la Chapelle. Pour l’histoire de Saint-Nicolas, les scènes d’ensemble sont bien plus impressionnantes que dans l’enregistrement dirigé par Britten (Decca 1955), en raison également d’un groupe instrumental plus coloré. La vivacité de convient parfaitement à cette œuvre plutôt joyeuse. Cela ne saurait cependant faire oublier la lecture plus ancienne du même chœur, avec Sir David Willcocks (EMI). Le compositeur avait lui-même salué la perfection de l’interprétation de 1972, qui demeure peut-être encore supérieure à ce nouvel album.

C’est finalement le Saint-Nicolas du ténor Andrew Kennedy qui domine. Il crée une figure plus moderne, plus dynamique que celle laissée par Peter Pears. Ce qui n’enlève rien au caractère inoubliable de ce dernier. L’éloquence d’Andrew Kennedy n’en est pas moins évidente : il semble particulièrement attentif au rythme poétique du livret, marqué par une constante ternaire. Sa diction parfaite et sa voix souple sont utilisées avec une efficacité maximale.

Dans Rejoice in the lamb, le compositeur a réussi à traduire les sentiments hallucinés de son poète. La partie d’orgue, d’un relief saisissant, est ici tenue par . Le chœur se montre à nouveau excellent, même si, une fois encore, son enregistrement antérieur (dirigé par Philipp Ledger pour EMI en 1974) ne lui cède en rien. Les solistes issus du chœur exécutent leurs parties avec une grande fraîcheur.

L’Hymne à Sainte-Cécile peut être considéré comme une pierre de touche pour le chant choral a capella. Le chœur y montre ses belles qualités, et beaucoup de relief. Il ne possède pas, dans la strophe rapide « I cannot grow », la précision imparable du Monteverdi Choir (DG 1997). Néanmoins, c’est une très bonne occasion de découvrir des pages chorales singulièrement inspirées.

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