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Un nouvel Ysaÿe indispensable par Kantorow à Liège

, éminent violoniste, se retrouve dans la musique toute pensée en cordes d’. De ces pièces rares écrites pour violoncelle, quatuor à cordes, un ou deux violons solistes avec accompagnement d’orchestre à cordes ou traditionnel, produites tout au long de sa vie, on soulignera le mélodisme postromantique et des harmonies enjôleuses, sortes de mélange réussi des impressionnistes français et des chromatiques germaniques. aurait plus ou moins été à l’origine du concept de « poème » musical, à l’image d’un Liszt inventeur du « poème symphonique ». L’influence de l’un sur l’autre n’y est d’ailleurs sans doute pas pour rien. Au symphonisme imposé par les allemands, Ysaÿe a préféré une voie médiane, plus souple dans le contenu, moins encadrée par la tradition des formes, mais également insoumise à une musique descriptive malgré certains titres évocateurs.

Les formations restent originales pour Harmonies du soir – un quatuor à cordes et un orchestre -, dont on établira un parallèle fort avec les Métamorphoses de Richard Strauss, Amitié pour deux violons et orchestre. Il est remarquable que le virtuose Ysaÿe n’ait pas voulu ces morceaux comme étalage de la virtuosité qui l’a fait connaître en tant que soliste d’exception. Les solistes ayant participé à cet enregistrement rentrent dans cet état de fait et jouent la poésie instrumentale telle qu’elle est écrite, dans un échange bien dosé avec l’orchestre qui évite heureusement tout geste ébouriffé.

a peu composé et l’on comprend mal que de telles beautés sonores soient si peu jouées, et a fortiori enregistrées. Quasi exclusivement connu pendant très longtemps pour ses 6 sonates pour violon seul, le compositeur belge peut s’enorgueillir de trouver une place de choix parmi les grands compositeurs transitoires entre les deux siècles, même si celle-ci penche davantage vers le dix-neuvième.