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Au plus près du piano de Ravel avec Vincent Larderet

Le train du succès lancé à toute vitesse sourit légitimement à l’art du pianiste français .

Formé à Paris par le maître Carlos Cebro, cette rencontre explique en grande partie l’exceptionnel intérêt de la gravure dont nous rendons compte présentement. En effet, Cebro reçut l’enseignement de Vlado Perlemuter, lui-même élève et proche de avec lequel il travailla son œuvre pour piano et dont il conserva les précieuses annotations et remarques inscrites sur ses partitons. Ces rencontres se déroulèrent en 1927 au domicile de Ravel à Montfort l’Amaury.

La filiation Ravel-Perlemuter-Cebro-Larderet constitue une source et un atout essentiels à l’interprétation de ce dernier qui en quelques années est devenu l’un des pianistes français les plus saillants de sa génération. Son répertoire éclectique s’adresse aussi bien à Scarlatti et Beethoven que Boulez, sans négliger des musiques moins universelles dues à Scriabine, De Falla, Schmitt et Szymanovski. Révélation classique de l’ADAMI 2003 au Midem de Cannes, invité au festival de La Roque d’Anthéron en 2013, Larderet a déjà parcouru un beau  chemin depuis l’époque de son perfectionnement auprès de Bernard Reigeissen (à Rueil-Malmaison) puis de Bruno-Leonardo Gelber (à Lübeck) sans oublier la participation à de très enrichissantes master classes.

De nombreuses distinctions et une multitude de participations en récital ou en concerto avec orchestre, en France et à l’ étranger résultent d’une intense sensibilité lyrique, d’une souplesse de toucher, d’une sonorité « multi-timbrique », d’une coloration et d’une puissance largement reconnues. Et dans cette analyse de Ravel ressort  un autre trait caractéristique de Larderet, à savoir, une irréprochable honnêteté vis-à-vis du texte et de l’esprit du compositeur. Certains choix  obéissent à une logique et le guident vers une réalisation primordiale notamment sa révision de la version du créateur de trois extraits de Daphnis et Chloé (1912) dont il met en évidence les aspects orchestraux et virtuoses du piano ravélien. Idem pour les trois pièces de Gaspard de la nuit (1908) dont il reproduit excellemment la magie, les scintillements et les brillances.