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A Vichy un régal de Belle-mère amoureuse

Un spectacle de marionnettes réjouissant qui arrive à Vichy, dans le cadre de l’année Rameau, après la création à Malte en février dernier et plusieurs étapes, notamment en Chine,  Un triomphe.

Au 18e siècle, excepté la Comédie Française et l’Académie Royale de Musique, les théâtres n’étaient autorisés à représenter des pièces qu’avec de nombreuses contraintes.

Le spectacle de marionnettes, qui se jouait dans des théâtres de foire, résulte de l’interdiction de présenter des acteurs. La Belle-mère amoureuse fait partie de ces 260 parodies d’opéra créées au seul XVIIIe siècle, poussant à l’absurde la logique d’action et l’esthétique théâtrales de l’époque.

Ainsi, tous les personnages subissent des transformations, voire des dégradations : selon , concepteur du spectacle et marionnettiste, Phèdre est une femme couguar, Thésée représente un vieil héros fatigué, Hippolyte n’a aucune expérience amoureuse, Aricie est une jeune femme entreprenante et audacieuse, et Œnone devient une poissarde extrêmement vulgaire.

Les marionnettes, conçues et confectionnées spécialement pour ce spectacle à Prague par un grand maître artisan, évoluent dans une cage de scène avec ses machineries, une véritable miniature d’un théâtre baroque, ornée de décors peints, inspirés de scénographie des Lumières. Un régal pour les yeux.

Une belle-mère détourne les héros de la mythologie

Dans la parodie du XVIIIe siècle, si la musique originale est scrupuleusement conservée, on a pris quelques libertés pour ce spectacle. On entend ainsi l’ouverture de Platée qui revient comme prélude aux 4e et 5e actes, servant de fil conducteur. « Les Sauvages » des Indes galantes s’incrustent sur un autre air et vice versa. On reconnaît également d’autres pages, comme celles de Castor et Pollux. Et qu’en est-il des vaudevilles, ces airs connus avec de nouvelles paroles ? Eh bien, il y en a plein ! Parmi les plus connus, Au Clair de la lune et J’ai du bon tabac qu’on fredonne avec joie. D’ailleurs, dans sa conférence donnée juste avant la représentation, Françoise Rubellin, conseillère théâtrale du spectacle, incite les spectateurs à devenir de « vrais forains », en proposant de chanter avec la Furie, l’Acte II, le refrain Flon flon larira dondaine

Les deux chanteurs, et , assument totalement leur rôle, parfois avec des gestes, des grimaces bien adaptés. Les trois marionnettistes, qui parlent et chantent en même temps qu’ils manipulent les personnages (il y a au moins 6 fils à coordonner par marionnette), sont d’une perfection technique étonnante, ils sont aussi d’excellents comédiens, soutenus par le tout aussi excellent , léger et grave selon les moments. Un régal pour les oreilles. Non, un régal sur tous les plans, où le rire fuse tout au long du spectacle.

Crédit photographique : © Didier Tombarel CMBV