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A la découverte des symphonies de Hans Eklund

La musique symphonique puissante et dramatique du Suédois justifie qu’on la (re)découvre.

Elève en composition de et en direction orchestrale de Tor Mann, le Suédois (1927-1999) poursuit sa formation auprès de Ernst Pepping à Berlin avant de choisir assez rapidement de consacrer la plus grande partie de son temps à la composition sans pour autant négliger l’enseignement qu’il dispense à Stockholm. Le gouvernement suédois lui octroie une bourse d’études en 1954-1956.

Sa musique véhicule un tempérament puissant associant un caractère austère, agressif, une propension à l’introspection, souvent plaintive, une base d’humour atteignant tantôt une certaine exubérance, le grotesque et les éclats sonores surprenants. Son art s’appuie sur une utilisation rythmique franche et bien tranchée, une évidente facilité mélodique, une aisance dans le façonnement polyrythmique contrapuntique. Ces traits constitutifs de sa musique accentuent son statut « d’artiste propice à la confession » décidé à livrer à ses auditeurs son monde intérieur.

De son vivant le nom de Hans Eklund n’était pas inconnu de ses compatriotes bien qu’un pan majeur de son catalogue leur demeura pratiquement étranger. Seule une Sixième Symphonie dirigée par à la tête de l’Orchestre philharmonique de Stockholm révéla plus largement son art orchestral puissant et dramatique à un public hors des frontières nationales. Son couplage opportun avec la Symphonie n°16 d’Allan Pettersson (Swedish Society SLT 3327) en 1985 met en évidence les liens de parenté rapprochant les deux créateurs. N’a-t-on pas évoqué la découverte d’un second Pettersson ? Aujourd’hui, des admirateurs ont publié sur YouTube plusieurs de ses œuvres en intégralité. Si les conditions sonores sont parfois précaires , elles permettent de se familiariser avec cet œuvre suggestif.

Pour mettre en appétit citons les œuvres en question : Symphonie n° 1 « Sinfonia seria » (1958) ; n° 2 « Sinfonia breve (In Memoriam), 1964 ; n° 3 « Sinfonia rustica » (1967-68) ; n° 4 pour narrateur et orchestre « Hjalmar Branting In Memoriam » (1973-74) ; n° 5 « Quadri » (1977) ; n° 6 « Sinfonia senza speranza » (1983) ; n° 7 « La serenata » (1983, rév. 1992) ; n° 8 « Sinfonia grave » (1984) ; n° 9 « Sinfonia introvertica » (1992-93) ; n° 10 « Sine Nomine » (1994) ; n° 11 « Sinfonia piccola » (1994-95) ; n° 12 « Frescoes » (1995-96) ; n° 13 « Sinfonia Bianca-Nera » (1997-98).

Quel chef d’orchestre saure convaincre un éditeur d’enregistrer le cycle complet de ses treize symphonies dont les sous-titres nous laissent deviner bien des atmosphères ?