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Sébastien Wonner propose Sweelinck au clavecin

Quatorze pièces diverses pour le clavier composées par celui qui fut nommé « l’Orphée d’Amsterdam », sont ici proposées de manière originale au clavecin par .

Véritable faiseur d’organistes, Jan Pierterszoon Sweelinck, occupe une place fondamentale dans les Flandres au tournant du XVII° siècle. A sa tribune de la Oude Kerk d’Amsterdam, il produit une œuvre considérable pour orgue, où se mêlent à la fois ce que l’on a coutume d’appeler la musique sacrée, avec nombre de variations sur des psaumes ou des chorals, traités aussi magnifiquement avec d’autres oeuvres pour les voix. D’autres pièces d’essence plus profane complètent abondamment cette production, à l’instar des auteurs anglais et espagnols qui précèdent ou qui sont ses contemporains. On découvre alors diverses toccatas, des variations et de danses sur des chansons et d’extraordinaires fantaisies où l’art de l’écriture et du contrepoint atteignent des sommets assez vertigineux.

Habituellement, ce répertoire est logiquement proposé à l’orgue, souvent sur de somptueux instruments historiques flamands, les exemples sont nombreux en discographie. Par contre ce qui est plus rare voire inédit, c’est la présentation d’une sélection de pièces au clavecin. L’idée est judicieuse, éclairant du coup et immédiatement ces œuvres d’une lumière neuve, voire primordiale. Sébastien Wonnier parle dans son texte de présentation d’une proximité qui s’établit du fait de l’intimité du clavecin. On imagine bien finalement cette destination logique pour les pièces de type profane, jouées, chantées et aussi sans doute accompagnées à la maison dans le cercle familial. Pour autant, le reste du répertoire, celui dévolu à l’orgue, y trouve également son compte, y compris les psaumes et les chorals. Ce programme est pour l’auditeur une véritable révélation et une expérience enrichissante dans la connaissance de la musique flamande prébaroque.

joue ces œuvres avec une conviction et un élan qui nous tiennent en haleine d’un bout à l’autre du disque. On est charmé par le son aéré et enveloppant du clavecin, très belle copie d’un Ruckers réalisée par Emile Jobin. La prise de son contribue également de manière sensible à la réussite de cet album.

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