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Sidi Larbi Cherkaoui sauvé par la musique dans genesis

Un spectacle musical et chorégraphique belgo-chinois, signé , qui n’évite pas l’écueil du kitsch et du sirupeux.

Le chorégraphe flamand et deux de ses danseurs sont allés à la rencontre de Yabin Wang, une danseuse chinoise, pour concevoir ce projet commun intitulé genesis. Yabin Wang est l’un des fers de lance de la danse contemporaine en Chine. Elle est mondialement connue pour sa danse aux tambours dans le film de Zhang Yimou, Le secret des poignards volants, dont elle ne manquera pas de donner quelques extraits au cours du spectacle, en agitant ses longs cheveux noirs et ses manches pagodes, atteignant alors un sommet du kitsch.

Pleine de bonnes intentions sur le papier, la rencontre ne tient en effet pas ses promesses sur la scène. Tout commence avec des médecins en blouse blanche qui s’épient à travers des cages en plexiglass, dont les vilains reflets altèrent la vue. Cet univers clinique et la laideur des costumes signés Quing Li ne contribuent pas à rendre lisible la proposition chorégraphique. Annoncée comme subtil, le mélange de la gestuelle issue de l’opéra chinois et des arts martiaux avec leur traduction occidentale ne prend pas vraiment corps, sauf dans un beau duo entre Sidi Larbi Cherkaoui et Yabin Wang, en fin de spectacle. Tout le reste du propos chorégraphique est nébuleux et sans intérêt.

Il y a pourtant de bonnes idées (un solo en lévitation sur une table d’autopsie, la manipulation experte de boules de verre…) et une superbe musique originale jouée sur scène par Barbara « Basia » Drazkowska, B C Manjunath, Kaspy N’dia, Johnny Lloyd et Kazutomi « Tsuki » Kozuki, conçue par Olga Wojciechowska. Eux aussi enfermés dans des cages de plexiglass, les musiciens mêlent adroitement musique indienne, chinoise, africaine et occidentale dans une véritable « fusion » artistique. Dommage que celle-ci n’ait pas atteint la danse !

Photo : © Koen Broos

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