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Un nouvel orgue à la Rédemption de Lyon

La naissance d’un orgue de qualité demeure un évènement. L’église de la Rédemption à Lyon conserve un très bel orgue de tribune construit par Joseph Merklin en 1878. Cet orgue attendait une grande restauration lorsque la ville de Lyon décida en 2010 de remettre à plus tard en attendant le classement et l’implication de l’état.

Du coup la paroisse, privée de son orgue décide d’en construire un nouveau, placé par terre dans le chœur à droite, et dont elle sera le propriétaire. Eric Brottier, technicien conseil auprès du ministère de la culture, propose le projet d’un orgue d’esthétique nordique préparé par l’atelier Desmottes initialement prévu pour un autre lieu. L’orgue est installé en 2012 après deux ans de travaux, et inauguré en 2013.

Cet enregistrement est le premier réalisé sur le nouvel orgue et démontre d’entrée ses possibilités musicales, ouvertes à un large répertoire baroque , choisi ici dans l’école allemande. Ce qui frappe d’emblée est la sonorité d’ensemble, signe d’une harmonisation de grande qualité, caractéristique de cet atelier de facture. Le timbre est profond, racé et digne des plus beaux instruments historiques flamands ou du nord de l’Allemagne. On sent bien l’inspiration de Schnitger dans cette belle ouvrage.

, professeur au conservatoire de Grenoble, est organiste à l’église de la Rédemption de Lyon. Il est un disciple de Jean Boyer et de Xavier Darasse. Autant dire qu’il aborde à la fois son instrument et son programme avec tout le savoir que l’on attend. Le choix des musiques dans la progression de la grande école nordique baroque permet de faire le tour des nombreuses possibilités acoustiques de l’orgue. Son jeu est subtil et libéré de toute contrainte. On se délectera du trop peu connu Psaume 24 de Van Noordt, pourtant œuvre géniale, où de la lente progression de la Partita de Bach. L’agogique est au rendez-vous, elle y a toute sa place pour soutenir la pertinence du discours.

A signaler également le travail remarquable de l’éditeur, qui bien que modeste, propose une prise de son professionnelle à faire pâlir certains majors et qui rend justice pleinement à la musique, à l’orgue et son facteur, l’organiste et la large acoustique de l’église.