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Schnittke, la somme des contraires

propose une lecture magistrale de la démesurée Symphonie n°3 d’.

17 ans après la mort d’ son œuvre se poursuit au répertoire par sa musique de chambre, sa musique chorale et par quelques-uns de ses concertos comme celui pour alto. Sa musique symphonique reste quand à elle dans l’ombre et peine à en sortir. Pourtant, le corpus de ses 10 symphonies est une pierre angulaire de la musique de la seconde moitié du XXe siècle.

La démesure orchestrale (cette Symphonie n°3 nécessite un très grand orchestre : tutti de cordes, bois par 4, 6 cors, 6 percussionnistes, 2 harpes, grand orgue, clavecin, guitare électrique) répond à une inspiration kaléidoscopique qui tente de fusionner l’héritage post-mahlérien, la noirceur dramatique d’un Chostakovitch et de multiples citations intégrée dans un gigantesque melting-pot instrumental. Un air de Bach peut déteindre sur un solo oppressif d’une guitare électrique avant de se dissoudre dans un gigantesque tutti rehaussé de l’orgue. Cette Symphonie n°3, commande de l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig, fut composée sur les ruines de l’URSS de la fin de l’ère Brejnev. La tension tragique intrinsèque de cette musique, intègre près de 300 ans d’héritage musical, à travers des allusions et des citations, comme si de l’histoire sortait vainqueur de la chape de plomb des temps présents. On imagine également le clin d’œil d’un Schnittke riant sous acide lors de la création par un orchestre lié à tant de grands compositeurs du passé.

Défenseur de la musique de Schnittke, impose ici une lecture magistrale de cette partition. À la tête d’un orchestre de la radio de Berlin discipliné et percutant, il fait ressortir toute la force éruptive et presque post-apocalyptique de cette Symphonie n°3. Ce disque, enregistré avec soin, vient compléter la lecture d’Eri Klas pour le label Bis.